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Chasse

Des visons martyrisés dans le biodiesel

La devise de PETA est la suivante : les animaux ne sont pas là pour que nous les utilisions dans des expériences, pour les manger, les habiller, nous divertir ou les exploiter de quelque manière que ce soit. L'organisation lutte contre le spécisme — une vision du monde qui considère l'être humain comme supérieur à tous les autres êtres vivants.

Rédaction Wild beim Wild — 16 janvier 2020

L'industrie de l'élevage de fourrure en Allemagne appartient désormais au passé. Les exigences en matière de bien-être animal étaient trop élevées. L'industrie de la fourrure s'est implantée dans les pays voisins et a découvert de nouvelles façons de faire des affaires avec les visons, notamment dans le domaine du biodiesel.

Des images vidéo transmises à PETA montrent que l'usine d'équarrissage Rendac Jagel GmbH, basée dans le Schleswig-Holstein, importe régulièrement et à grande échelle des carcasses dépouillées de visons provenant de fermes d'élevage de fourrure danoises.

Celles-ci y sont traitées, puis revendues avec profit à des installations de production de biodiesel aux Pays-Bas. De plus, la farine animale issue des visons est utilisée comme combustible dans des cimenteries. Sans le savoir, les automobilistes et autres consommateurs contribuent, par ces pratiques commerciales, à permettre aux fermes d'élevage de visons étrangères de rester rentables. PETA a mis en demeure par écrit la Rendac Jagel GmbH ainsi que le gouvernement du Land de Schleswig-Holstein de mettre fin à l'importation de carcasses animales provenant de fermes d'élevage de fourrure étrangères.

Ferme d'élevage de visons au Danemark

PETA critique le biodiesel issu de carcasses animales

«La grande majorité des Allemands s'oppose fermement aux fermes d'élevage de fourrure, mais Rendac Jagel laisse les automobilistes et autres consommateurs soutenir ce commerce sanglant à leur insu», déclare Johanna Fuoss, chargée de mission chez PETA. «Les conditions d'élevage effroyables des visons dans les fermes d'élevage de fourrure danoises seraient illégales en Allemagne. L'incorporation de leurs corps martyrisés dans le biodiesel contribue à maintenir en vie ce commerce impitoyable.»

Informations de contexte

Tandis que la dernière ferme d'élevage de fourrure d'Allemagne depuis mars 2019 ne détient plus d'animaux, le commerce sanglant se poursuit dans plus de 1’500 élevages de visons danois, et des entreprises allemandes en profitent également. Des camions lourds transportant d'immenses conteneurs font régulièrement la navette entre le Danemark et le site de Rendac Jagel GmbH. Comme le montrent les images vidéo transmises à PETA, ils sont remplis à ras bord de milliers de visons, ce qui représente des milliers de tonnes par an. Dans l'usine du Schleswig-Holstein, les carcasses sont ensuite traitées. Leur graisse est transformée en biodiesel dans des usines affiliées au groupe aux Pays-Bas, et leurs os sont réduits en farine, livrée comme combustible aux cimenteries. Une situation gagnant-gagnant pour Rendac et les élevages de fourrure.

Dans de nombreux pays européens, cette forme particulièrement cruelle d'élevage en fermes à fourrure est déjà interdite ou est devenue non rentable suite à l'introduction de lois plus strictes, comme c'est également le cas en Allemagne. Parallèlement, l'Allemagne est pourtant l'un des plus grands acheteurs de biodiesel en provenance des Pays-Bas. Les consommateurs ne peuvent toutefois pas savoir, à la pompe, quelle est la composition d'un carburant, ce qui les amène, sans le savoir, à contribuer au fait que l'exploitation des élevages de visons danois reste une activité rentable.

19 millions de visons au Danemark

Au Danemark, le deuxième pays producteur de fourrure au monde, environ 19 millions de visons vivent dans de minuscules cages grillagées. Des investigations menées dans des élevages de fourrure danois révèlent les conditions de vie cruelles des animaux. Ils sont enfermés dans des cages grillagées si exiguës que beaucoup d'entre eux développent de graves troubles comportementaux : ils tournent en rond pendant des heures, attaquent leurs congénères ou se blessent eux-mêmes. De plus, les visons et autres animaux dans les élevages de fourrure sont constamment exposés aux odeurs corrosives de leurs propres excréments et urines, qui s'accumulent sous leurs cages. Au terme de leur vie de privations, les visons sont tués dans la souffrance, le plus souvent par gazage. Des gaz d'échappement sont parfois utilisés à cet effet, pouvant provoquer de graves difficultés respiratoires et des états d'angoisse. Leur agonie peut durer jusqu'à quatre minutes. Par ailleurs, certains animaux ne sont pas suffisamment étourdis ou reprennent conscience pendant l'écorchage.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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