Une Soleuroise veut interdire la chasse à rabatteurs
«Ce que j'ai vu m'a brisé le cœur» : voilà pourquoi une Soleuroise veut interdire la chasse à rabatteurs.
Brigitte Ehrbar est convaincue que la chasse à rabatteurs est néfaste pour les animaux. Elle a déposé une demande d'abolition de cette méthode de chasse, malgré l'opposition des chasseurs de loisir.
Lorsque Brigitte Ehrbar est sortie de chez elle récemment, elle a aperçu un groupe de chevreuils courant en tous sens, pris de panique. Certains animaux s'aventuraient même dans des zones résidentielles. «Les animaux ne savaient pas où fuir et couraient dans tous les sens, envahis par la peur», raconte la femme de 66 ans. Ce qu'elle observait, c'était la chasse à rabatteurs, lors de laquelle les animaux sont souvent débusqués à l'aide de chiens puis abattus, dans le but d'en tuer le plus grand nombre possible.
Elle s'inquiète également du risque de tirs manqués, ce qui constituerait une violation de la loi sur la protection des animaux. Dans le canton de Soleure, la chasse à rabatteurs est autorisée d'octobre à décembre. Les sangliers, quant à eux, peuvent être chassés toute l'année.
Brigitte a réuni à elle seule plus de 100 signatures pour sa demande. Bien qu'elle n'ait obtenu aucun soutien politique, elle ne s'est pas laissé décourager et a pris contact avec ses voisins et ses connaissances. De plus en plus de personnes ont rejoint son initiative. La chancellerie d'État a depuis confirmé 105 signatures, et la demande est actuellement en cours d'examen.
Brigitte n'hésite pas non plus à s'adresser directement aux chasseurs de loisir. En décembre, elle a abordé certains d'entre eux qui se préparaient pour la chasse à rabatteurs. Elle leur a demandé si cela leur procurait du plaisir de plonger les animaux dans la panique, et on lui a répondu qu'elle pouvait appeler la police.
Les chasseurs de loisir font valoir que la chasse à rabatteurs contribue à réguler le nombre d'animaux. Cyril Bardet, président de l'association des chasseurs de Soleure, affirme que cette méthode est nécessaire pour atteindre le plan de tir. Il explique que la chasse est soigneusement planifiée et qu'il n'est pas question de chasser trop d'animaux à la fois.
Brigitte reconnaît que la chasse est nécessaire pour réguler les populations animales. Mais elle ne comprend pas pourquoi ce sont les êtres humains qui décident quel animal doit vivre ou mourir.
Si sa demande aboutira, elle l'ignore. Elle espère que le bien-être animal est aujourd'hui plus important qu'il y a 20 ans, lorsque la population votante souhaitait conserver la chasse à rabatteurs, écrit la Solothurner Zeitung.
Peut-être que sa démarche pourra avoir un impact considérable.
De l'avis de l'IG Wild beim Wild, les chasseurs de loisir ont besoin d'expertises médico-psychologiques annuelles d'aptitude sur le modèle des Pays-Bas, ainsi que d'une limite d'âge supérieure contraignante. Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est aujourd'hui celui des 65 ans et plus. Dans ce groupe, les limitations liées à l'âge telles que la baisse de l'acuité visuelle, le ralentissement des temps de réaction, les difficultés de concentration et les déficits cognitifs augmentent statistiquement de manière significative. Parallèlement, les analyses d'accidents montrent que le nombre d'accidents de chasse graves avec blessés et victimes mortelles augmente significativement à partir du mitan de la vie.
Les signalements réguliers d'accidents de chasse, d'erreurs fatales et d'abus d'armes à feu de chasse mettent en évidence un problème structurel. La possession privée et l'utilisation d'armes à feu létales à des fins de loisir échappent en grande partie à tout contrôle continu. De l'avis de l'IG Wild beim Wild, cela n'est plus défendable. Une pratique fondée sur le meurtre volontaire et générant simultanément des risques considérables pour les êtres humains et les animaux perd sa légitimité sociale.
La chasse de loisir repose en outre sur le spécisme. Le spécisme décrit la dévalorisation systématique des animaux non humains au seul motif de leur appartenance à une espèce. Il est comparable au racisme ou au sexisme et ne peut se justifier ni culturellement ni éthiquement. La tradition ne remplace pas l'examen moral.
C'est précisément dans le domaine de la chasse de loisir qu'un examen critique est indispensable. Peu d'autres domaines sont à ce point marqués par des récits complaisants, des demi-vérités et une désinformation délibérée. Là où la violence est normalisée, les discours servent souvent à la justifier. La transparence, des faits vérifiables et un débat social ouvert sont donc indispensables.
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