Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Faune

L'UE veut interdire les termes carnés sur les produits végétaux

La proposition de l'UE d'interdire les termes «carnés» pour les produits végétaux ne profiterait à personne.

Rédaction Wild beim Wild — 29 juillet 2025

La Commission européenne a proposé d'interdire l'utilisation de 29 termes spécifiques liés à la viande sur les étiquettes des produits végétaux, notamment des termes couramment utilisés tels que bœuf, poulet, bacon, côtes et cuisses.

Selon la Commission, la proposition vise à accroître la transparence pour les consommateurs et à préserver la signification culturelle et historique de la terminologie carnée.

En vertu du droit européen en vigueur, les produits végétaux sont autorisés à utiliser des dénominations liées à la viande, à condition que l'emballage indique clairement que le produit est fabriqué exclusivement à partir de végétaux. Toutefois, une interdiction proposée dans le cadre de la révision de l'Organisation commune des marchés (OCM) signifierait que la «viande» serait légalement définie comme les seules parties comestibles d'un animal, excluant ainsi les alternatives végétales de l'usage de dénominations familières.

La liste proposée de termes interdits comprend aussi bien des dénominations génériques (telles que viande de porc et viande de poulet) que des dénominations fonctionnelles (telles qu'ailes, blanc et cuisses), actuellement très répandues dans le secteur des produits végétaux.

Une modification du vocabulaire dans le secteur végétal pourrait avoir des répercussions considérables

L'Europe représente actuellement le plus grand marché mondial de viande végétale, avec un chiffre d'affaires de 3,3 milliards d'euros en 2024. Le secteur continue de croître, avec un taux de croissance annuel moyen attendu de 18,5 %, pouvant atteindre 589,9 milliards d'euros d'ici 2035.

Cette interdiction non seulement contredit l'objectif déclaré de l'UE de simplifier la législation et de favoriser l'innovation dans le domaine alimentaire, mais elle risque également d'étouffer dans l'œuf ce secteur en pleine croissance et la transition vers une alimentation à base de plantes, dont de nombreuses études soulignent l'urgente nécessité.

Il existe en outre un risque de nuire aux producteurs d'aliments végétaux et aux agriculteurs que la Commission entend protéger par cette interdiction. Une étude de 2023 a révélé qu'une consommation accrue d'aliments à base de plantes pourrait augmenter à long terme les revenus des agriculteurs de l'UE jusqu'à 71 % — l'introduction d'une interdiction de termes communément compris contraindrait toutefois les producteurs à un rebranding coûteux, réduirait la clarté pour les consommateurs et freinerait l'innovation.

Les consommateurs connaissent déjà les produits végétaux

La proposition de la Commission indique que l'interdiction des dénominations permettrait de « garantir que les consommateurs puissent prendre des décisions bien informées, en particulier ceux qui recherchent une teneur en nutriments traditionnellement associée aux produits carnés ». L'idée selon laquelle les consommateurs ne seraient pas bien informés lorsqu'il s'agit de prendre des décisions à base de plantes n'est toutefois étayée par aucune preuve.

Selon un sondage récent, plus de 80 % des consommateurs comprennent la signification de termes tels que «vegan» et «végétarien». Une autre étude de l'Organisation européenne des consommateurs datant de 2020 confirme que jusqu'à 80 % des consommateurs sont favorables à l'utilisation des dénominations traditionnelles de la viande pour les produits végétaux, à condition que celles-ci s'accompagnent d'un étiquetage clair. Cette position a également été soutenue par la Cour de justice européenne, qui a jugé que la législation en vigueur crée déjà une clarté suffisante entre les produits végétaux et les produits animaux.

L'intérêt politique pour les dénominations végétales s'intensifie — quelle est la suite ?

Malgré les nombreux problèmes que cette interdiction pourrait engendrer pour le secteur végétal, la proposition gagne de plus en plus d'influence politique, notamment au Parlement européen.

La députée française Céline Imart (PPE) a récemment déposé un amendement similaire, sur lequel le vote est prévu après l'été. Alors que la Commission avait exclu de sa proposition des termes précédemment débattus tels que burger, saucisse et steak, ces termes figurent dans la version du Parlement.

L'interdiction proposée des dénominations végétales dans le cadre du règlement OCM est inutile, injustifiée et contre-productive. Elle n'est pas étayée par des preuves, contredit les objectifs de simplification et de durabilité de l'UE, et menace un secteur en pleine croissance qui contribue aux objectifs environnementaux, sanitaires et de sécurité alimentaire. – Caterina Rispoli, chargée de projet en politique alimentaire, Eurogroup for Animals

La IG Wild beim Wild appelle la Commission européenne et le Parlement à reconsidérer cette proposition à la lumière des données probantes relatives aux consommateurs, de l'analyse de marché et des précédents juridiques. L'UE devrait plutôt se concentrer sur la facilitation de la transition vers une alimentation végétale, plus durable et plus sûre dans toute l'Europe – notamment par la mise en œuvre de la stratégie protéique tant attendue.

Vous pouvez, avec bienveillance, aider tous les animaux et notre planète. Choisissez la compassion dans votre assiette et dans votre verre. Go vegan.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu contribues à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don