4 avril 2026, 07:31

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Les enfants doivent être protégés de la violence de la chasse

Les enfants doivent être protégés de la violence de la chasse. Les enjeux sont les droits de l'enfant, la santé psychique et l'éthique de la protection animale.

1. Motion

Le Conseil d'État est chargé de soumettre au Grand Conseil un projet de modification de la loi sur la chasse et la protection de la faune sauvage (………) ainsi que de l'ordonnance sur la chasse (……….) et éventuellement d'autres dispositions dans le domaine de la protection de l'enfance et de la jeunesse, afin d'ancrer et de renforcer expressément dans le canton (………) la protection des mineurs contre la violence cynégétique. La révision de la loi doit notamment garantir

  • que la participation active à la chasse est interdite aux personnes de moins de 18 ans. Cela comprend notamment le maniement d'armes à feu, le tir, la recherche du gibier blessé, le traitement, le dépeçage et la présentation d'animaux abattus ainsi que des activités comparables dans le cadre de l'exercice de la chasse.
  • que la participation passive à la chasse est interdite aux personnes de moins de 18 ans. Cela comprend notamment la présence lors de battues, d'affûts, de recherche du gibier blessé, d'actes de mise à mort, d'éviscération, de traitement et de présentation d'animaux sauvages dans le contexte cynégétique.
  • que les exceptions possibles ne soient autorisées que pour des offres d'information purement théoriques ou scolaires sans scènes réelles de mise à mort ou de blessures, sans usage d'armes à feu et sans exposition d'animaux fraîchement tués, et que ces offres doivent expressément satisfaire aux principes de protection de l'enfance et de la jeunesse.
  • que soient créées dans le droit de chasse des dispositions claires concernant la production et la publication d'images de chasse avec des mineurs, notamment
    • une interdiction ou une forte restriction de la production et de la publication d'images et de vidéos sur lesquelles des mineurs posent avec des animaux tués ou blessés ou sont visiblement impliqués dans des actes de mise à mort
    • une obligation pour les sociétés de chasse, les détenteurs de permis ainsi que les organisateurs de chasses de veiller à ce que les mineurs ne soient pas utilisés pour la représentation de violence cynégétique
    • des sanctions relevant du droit de la chasse et du droit administratif en cas d'infractions.
  • que le canton complète de manière contraignante la formation et la formation continue des chasseurs par des contenus relatifs aux droits de l'enfant, aux risques psychiques des scènes de violence et de mise à mort pour les enfants ainsi qu'aux questions d'éthique de protection des animaux liées à la chasse.
  • que les services cantonaux compétents dans les domaines de l'école, de la santé ainsi que de l'aide à l'enfance et à la jeunesse soient informés des risques psychiques de la violence cynégétique et que soient encouragées des offres de conseil à bas seuil pour les enfants et familles concernés.
  • que le Conseil d'État expose dans le message
    • comment les droits de l'enfant, le droit de protection de l'enfance et de la jeunesse ainsi que le droit de chasse s'articulent aujourd'hui dans le canton (………) et dans le droit fédéral
    • quels ajustements sont nécessaires dans l'exécution (surveillance des manifestations cynégétiques, examen de chasse, autorisations)
    • quels effets la nouvelle réglementation aura vraisemblablement sur la pratique de la chasse, les sociétés de chasse et la communication dans les médias sociaux.
  • que le Conseil d'État s'engage en outre au niveau fédéral et dans les instances intercantonales pour que la protection des enfants contre la violence cynégétique soit davantage prise en compte et renforcée dans la législation sur la chasse, dans le droit de protection de l'enfance et de la jeunesse ainsi que dans la pratique d'exécution.

Le Conseil d'État tient compte dans son projet des dispositions transitoires nécessaires, notamment en vue des planifications cynégétiques existantes, des rapports de chasse en cours et des permis déjà délivrés.

2. Brève justification

La Suisse a ratifié la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant et s'est engagée à protéger les enfants contre toute forme de violence et à respecter leur droit à l'intégrité physique et psychique. Les organisations de défense des droits de l'enfant soulignent que cette protection ne se réfère pas seulement à la violence directe contre les enfants, mais aussi au fait d'assister à la violence contre d'autres êtres vivants. La Constitution fédérale garantit aux enfants un droit à une protection particulière de leur intégrité.

Aujourd'hui, l'exercice autonome de la chasse est certes lié à un âge minimum et à un examen de chasse. Les mineurs peuvent cependant faire partie de la pratique cynégétique en tant qu'accompagnateurs, spectateurs ou sous forme de photos de chasse avec des animaux tués. Cette lacune de protection est en contradiction avec les principes des droits de l'enfant.

La recherche psychologique montre qu'assister à la violence, au sang, à la mort et à des souffrances massives peut être très traumatisant pour les enfants. Les réactions typiques sont des angoisses, des troubles du sommeil, des comportements d'évitement, des problèmes de concentration ou des sentiments de culpabilité. La situation est particulièrement délicate lorsque des adultes de confiance participent activement à la mise à mort et présentent l'événement comme une tradition, un loisir ou une occasion de fête. Pour le système nerveux infantile, la violence cynégétique reste néanmoins de la violence.

Qui aime les enfants ne les utilise pas comme figurants de scènes de mise à mort et ne les place pas en souriant à côté de corps d'animaux ensanglantés sur Internet.

S'ajoutent des risques de sécurité concrets : la chasse implique des armes à feu, des battues et des situations confuses. Les enfants dans cet environnement sont exposés à un risque d'accident supplémentaire.

Particulièrement problématiques sont les images de chasse sur lesquelles des enfants posent avec des animaux morts et qui sont diffusées sur les réseaux sociaux. De telles images restent souvent accessibles de façon permanente, associent publiquement l'enfant à une scène de violence et instrumentalisent tant l'enfant que l'animal tué pour l'autopromotion et la propagande cynégétique. L'enfant ne peut généralement pas mesurer la portée de cette représentation.

Le droit cantonal de la chasse se trouve en tension avec les droits de l'enfant, la protection des animaux et la santé psychique. Les cantons disposent d'une marge de manœuvre considérable en matière de système cynégétique, de planification de la chasse et de dispositions de protection supplémentaires. Dans cette marge de manœuvre, le canton (………) peut fixer des limites claires lorsque des enfants sont concernés.

Selon le droit fédéral, aucun canton en Suisse ne doit prévoir la chasse de loisir. C'est le droit des cantons de décider si la chasse est autorisée ou non. Si un canton décide contre ou même partiellement contre la chasse, il peut le faire librement selon la Constitution fédérale. Le canton de Genève a depuis longtemps choisi cette voie exemplaire.

Par la présente motion, le Conseil d'État est chargé de créer une réglementation moderne, conforme aux droits de l'enfant. Elle assure que les mineurs ne participent ni activement ni passivement à la violence cynégétique, que leur instrumentalisation dans des images et vidéos soit empêchée et que les services spécialisés compétents soient sensibilisés aux risques psychiques.

Ainsi, le canton (………) met sa législation cynégétique en accord avec les droits de l'enfant et pose un signe clair pour la protection des enfants et pour une culture de non-violence envers les animaux.