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Formation

La faune aviaire suisse est principalement composée de poulets

La faune aviaire suisse est dominée par la volaille d'élevage. Pour chaque espèce d'oiseau sauvage, on compte des dizaines de poulets en élevage intensif.

Rédaction Wild beim Wild — 26 juin 2022

Le poids total de la volaille d'élevage suisse est 15 fois supérieur au poids des oiseaux nichant en milieu naturel.

La part des oiseaux sauvages dans la biomasse aviaire est ainsi nettement plus faible en Suisse qu'à l'échelle mondiale. C'est ce qu'écrivent des chercheurs dans un article de la revue spécialisée «Ornithologischer Beobachter».

Le nombre total de tous les oiseaux vivant en liberté en Suisse s'élevait à environ 20 millions d'individus en 2016.
Ceux-ci pesaient au total environ 1’100 tonnes. En comparaison, 12,5 millions d'individus de volaille d'élevage pesaient au total environ 16’000 tonnes. Rien que les poulets de chair, les poules pondeuses et les poulets d'élevage représentaient un poids d'environ 15’000 tonnes en 2016.

Comparaison du nombre d'individus (à gauche) et de la biomasse (à droite) des oiseaux nicheurs (marron) et de la volaille d'élevage (gris) pour la période 2013 à 2016

Ainsi, les oiseaux nicheurs vivant en liberté n'atteignent qu'environ 6 % de la biomasse aviaire totale en
Suisse. Cette part des oiseaux sauvages est nettement inférieure à ce que l'on observe à l'échelle mondiale ; dans le monde entier, la
part des oiseaux sauvages dans la biomasse aviaire totale est d'environ 30 %.

Au cours des 20 dernières années, la biomasse de la volaille d'élevage en Suisse a augmenté d'environ 40 %. La biomasse des oiseaux sauvages a également augmenté durant la même période, mais de manière nettement moins prononcée, avec environ 20 %. Parmi les oiseaux sauvages, le pigeon ramier, la corneille noire et le merle noir ont le plus contribué à l'augmentation de la biomasse. Ces trois espèces communes et relativement corpulentes représentent ensemble un tiers de la masse totale des oiseaux sauvages en Suisse. Au cours des 20 dernières années, la biomasse des oiseaux nicheurs a diminué dans les milieux alpins ainsi que dans les villages et les villes.

La production de volaille en Suisse devrait continuer d'augmenter en raison de la demande croissante. En conséquence, la part des oiseaux nicheurs dans la biomasse totale des oiseaux de Suisse devrait encore diminuer, écrivent les chercheurs. La production de volaille a toutefois un coût écologique élevé, car elle dépend fortement de l'importation d'aliments concentrés étrangers. Sans importations d'aliments, seuls 17 % de la volaille actuellement élevée en Suisse pourraient l'être sur place. De plus, une production avicole accrue entraîne une augmentation de la charge en composés azotés. L'ammoniac et d'autres composés issus de la décomposition des déjections animales se dispersent sur de grandes distances par voie aérienne et menacent, sous forme de fertilisation non souhaitée, les écosystèmes pauvres en nutriments tels que les prairies maigres ou les tourbières.

Pour leurs calculs, les chercheurs ont utilisé des données de l'Office fédéral de la statistique ainsi que des données
issues de l'atlas des oiseaux nicheurs de Suisse, collectées entre 2013 et 2016 par plus de 2000 collaborateurs bénévoles.

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