Retrait des privilèges environnementaux pour les associations de chasse
Les associations de chasse ne doivent plus être considérées dans le canton (………) comme des organisations environnementales ou de protection de la nature lorsqu'elles représentent principalement les tirs de loisir et sont ancrées dans des lobbies de chasse nationaux ou européens. La confiance publique et les droits de participation dans le domaine environnemental doivent être réservés aux véritables organisations de protection de la nature et des animaux.
1. Motion
Le Conseil d'État est chargé de soumettre au Grand Conseil un projet de modification des bases légales cantonales qui règlent la reconnaissance, la promotion et la participation des organisations environnementales et de protection de la nature. Sont concernés notamment le droit de l'environnement, la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions, le droit de la chasse et de la protection de la faune sauvage ainsi que d'éventuelles ordonnances sur les recours d'associations, les droits d'audition et les subventions.
La révision des lois et ordonnances doit notamment garantir que :
- que les associations de chasse, dont l'objectif principal réside dans l'organisation et la promotion de la chasse de loisir et des tirs d'animaux, ne puissent en principe pas être reconnues dans le canton (………) comme organisations environnementales ou de protection de la nature.
- que les réglementations existantes, qui confèrent aux associations de chasse un statut d'organisation environnementale ou des privilèges comparables, soient examinées et, si nécessaire, abrogées ou adaptées. Cela concerne notamment :
- la participation aux instances officielles d'environnement et de protection de la nature
- les droits particuliers d'audition et de participation dans le cadre des procédures environnementales et d'aménagement
- d'éventuels soutiens financiers liés à une fonction environnementale.
- que le canton établisse des critères clairs et objectifs pour la reconnaissance comme organisation environnementale ou de protection de la nature, notamment :
- objectif statutaire principal dans le domaine de la protection de la nature, du paysage ou des animaux
- activités principales effectives visant la protection et la promotion de la biodiversité, des habitats et des droits des animaux
- indépendance vis-à-vis des lobbies de la chasse et des armes ainsi que des organisations dont l'objectif principal est l'utilisation et la mise à mort d'animaux sauvages.
- que les organisations qui sont membres ou partenaires d'associations de chasse et de lobbies de chasse supérieurs, qui représentent au niveau national ou européen prioritairement les intérêts de la chasse et de l'industrie de l'armement, ne puissent pas simultanément être reconnues comme organisations environnementales ou de protection de la nature.
- que le Conseil d'État procède à un inventaire des organisations qui bénéficient actuellement d'un statut environnemental particulier dans le canton et examine :
- lesquelles d'entre elles représentent principalement des intérêts cynégétiques d'exploitation
- lesquelles sont effectivement vouées prioritairement à la protection de la nature, de la biodiversité et des animaux.
- que le Conseil d'État révise en conséquence la liste de reconnaissance et tous les privilèges qui y sont liés, et ne prenne désormais en considération que les organisations qui correspondent aux nouveaux critères.
- que les véritables organisations de protection de l'environnement et des animaux se voient accorder au moins les mêmes droits de participation ou de meilleurs que ceux dont ont bénéficié jusqu'ici les associations de chasse en invoquant une prétendue fonction environnementale.
Le Conseil d'État expose dans son message :
- quelles associations de chasse et organisations apparentées du canton ont jusqu'ici été dotées d'un statut environnemental ou de protection de la nature ou jouissent de privilèges correspondants
- dans quelle mesure ces organisations sont intervenues dans des organes, consultations et procédures
- comment les adaptations proposées modifient la composition et le mode de fonctionnement des organes concernés
- quelles conséquences juridiques et politiques sont liées au retrait des privilèges environnementaux pour les associations de chasse.
2. Justification succincte
Les associations de chasse se présentent volontiers au public et face au monde politique comme les défenseurs de la nature et de la faune sauvage. Cette auto-représentation est en contradiction flagrante avec leur véritable objectif principal : l'organisation et la défense de la chasse de loisir, la légitimation des abattages et l'influence politique en faveur des intérêts cynégétiques.
La chasse n'est pas une mesure de protection, mais une forme d'exploitation. Les associations de chasse ne défendent pas fondamentalement le droit à la vie individuel des animaux sauvages, mais leur mise à mort planifiée. Elles représentent généralement :
- l'intérêt à des possibilités d'abattage aussi étendues que possible
- le maintien ou l'extension des privilèges cynégétiques
- la résistance à des dispositions plus strictes de protection des animaux
- la défense de pratiques de violence traditionnelles envers les animaux sauvages.
Parallèlement, les associations de chasse interviennent aux niveaux cantonal, national et européen dans des groupes de lobby étroitement liés à l'industrie de l'armement et qui luttent politiquement pour l'assouplissement des dispositions de protection et la suppression des restrictions d'intervention. De tels intérêts sont incompatibles avec un rôle crédible d'organisation environnementale ou de protection de la nature.
Quand les associations de chasse siègent dans des organes environnementaux cantonaux, jouissent de privilèges environnementaux officiels ou interviennent dans le cadre de procédures de planification comme voix environnementale, cela conduit à plusieurs problèmes :
- Le public reçoit une image déformée de qui représente réellement les intérêts de la nature et des animaux.
- Les véritables organisations de protection des animaux et de la nature sont affaiblies dans leur rôle, parce que des voix du camp des abattages ciblés d'animaux s'affichent comme « protection de l'environnement ».
- Les décisions en matière environnementale et de planification peuvent être influencées au détriment de la protection des animaux et des habitats sous le couvert d'une prétendue compétence technique.
La notion d'organisation environnementale ou de protection de la nature ne doit pas être vidée de sa substance en accordant le même statut aux associations qui promeuvent principalement la chasse de loisir et les abattages d'animaux qu'aux organisations qui s'engagent prioritairement pour la protection et l'intégrité des animaux et de leurs habitats. Il ne s'agit pas d'interdire les associations de chasse, mais de nommer honnêtement leur rôle.
Du point de vue critique de la chasse, il est également problématique que les associations de chasse apparaissent fréquemment dans les débats politiques comme des services techniques prétendument neutres, alors qu'elles sont en réalité profondément intégrées dans des structures de lobby qui défendent le spécisme, c'est-à-dire le traitement structurellement inégal des animaux uniquement en raison de leur appartenance à une espèce. Une idéologie qui dégrade systématiquement les animaux en objets de violence de loisir n'est pas compatible avec la prétention de représenter la protection de l'environnement ou de la nature.
Le canton (………) a la possibilité et la responsabilité de n'accorder le statut environnemental qu'aux organisations qui correspondent effectivement à cette exigence. Avec le retrait des privilèges environnementaux pour les associations de chasse :
- la transparence vis-à-vis du public et du monde politique est renforcée
- la crédibilité des organes environnementaux et des procédures de participation est consolidée
- l'influence des véritables organisations de protection de la nature et des animaux face au lobby de la chasse est améliorée.
La motion n'exige aucune restriction de la liberté d'opinion des associations de chasse. Elle demande seulement que les intérêts cynégétiques deviennent visibles en tant que tels et ne puissent plus apparaître sous l'étiquette « environnement ».
Les associations de chasse ne doivent plus être considérées dans le canton (………) comme des organisations environnementales ou de protection de la nature, si elles représentent principalement les abattages de loisir et sont ancrées dans des lobbies cynégétiques nationaux ou européens. La confiance publique et les droits de participation dans le domaine environnemental doivent être réservés aux véritables organisations de protection de la nature et des animaux.
