3 avril 2026, 18:08

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Prescriptions conformes à la protection des animaux pour clôtures et filets de pâturage

Les clôtures et filets de pâturage non conformes au bien-être animal constituent pour la faune sauvage, particulièrement pour les chevreuils, cerfs, renards, hérissons, amphibiens et de nombreuses autres espèces, un piège souvent mortel. Le canton (………) doit édicter des prescriptions claires afin que les clôtures et filets de pâturage soient conçus de manière respectueuse de la faune sauvage, correctement exploités et systématiquement retirés en cas de non-utilisation.

1. Motion

Le Conseil d'État est chargé de soumettre au Grand Conseil un projet de modification du droit cantonal de l'agriculture, de la protection des animaux, de la chasse et le cas échéant forestier (Loi sur l'agriculture ……, Ordonnance sur la protection des animaux ……., Loi sur la chasse ……, Loi forestière ……) ainsi que des ordonnances y relatives. L'objectif est l'introduction de standards contraignants conformes à la protection des animaux pour les clôtures et filets de pâturage dans le canton (………).

La révision de la loi et de l'ordonnance doit notamment garantir que :

  • des exigences techniques minimales contraignantes soient fixées pour les filets de pâturage et clôtures électriques en plein air, notamment :
    • hauteur maximale de clôture dans certaines zones (par exemple le long de passages de faune et de lisières forestières)
    • distance minimale du fil ou maille de filet inférieur au sol, pour éviter le coincement de hérissons, amphibiens et petits mammifères
    • restrictions concernant les tailles de mailles, formes de filets et épaisseurs de fils qui favorisent l'empêtrement et l'accrochage d'animaux sauvages.
  • les filets de pâturage et clôtures électriques ne puissent être utilisés qu'à l'endroit et aussi longtemps que des animaux de rente y pâturent effectivement. Il faut notamment prescrire :
    • obligation de retrait immédiat des filets de pâturage qui ne sont plus utilisés
    • interdiction de laisser des filets électriques en place de manière permanente sans animaux de rente sur le terrain
    • obligation de retrait saisonnier des filets dans les corridors faunistiques connus et axes de migration.
  • des restrictions particulières s'appliquent dans les zones de lisières forestières, haies, cours d'eau, zones humides, corridors faunistiques et passages connus, notamment :
    • interdiction de certains types de filets présentant un haut risque d'empêtrement
    • Distances minimales des clôtures par rapport aux structures de couverture, qui contraignent les animaux sauvages à sauter ou à se faufiler
    • Directives pour les passages, possibilités de franchissement ou couloirs libres de clôtures pour les animaux sauvages.
  • que les réseaux de pâturage et clôtures électriques :
    • doivent être conçus techniquement de manière à éviter aux animaux sauvages et aux animaux de rente des brûlures graves, chutes ou blessures évitables
    • puissent être exploités la nuit dans certains sites sensibles (notamment les zones de migration d'amphibiens) uniquement avec une tension réduite ou temporairement désactivés.
  • que le canton développe une offre d'information et de conseil pour les agricultrices et agriculteurs, détenteurs d'animaux et communes, qui :
    • informe sur les systèmes de clôtures et filets respectueux de la faune sauvage
    • donne des recommandations concrètes pour le placement, la conception et le contrôle des installations
    • montre quels systèmes ont fait leurs preuves en matière de protection des troupeaux et de protection des animaux.
  • que les contrôles des clôtures de pâturage et filets soient intégrés dans l'activité de surveillance ordinaire des autorités agricoles, de protection des animaux et cynégétiques. Les installations constatées comme particulièrement dangereuses pour les animaux sauvages doivent être :
    • désignées et assorties d'un délai pour la correction des défauts
    • sanctionnées par des mesures de droit administratif et des amendes en cas de non-correction.
  • que les décès ou blessures graves d'animaux sauvages en lien avec des clôtures et réseaux de pâturage doivent être signalés au service compétent. Le canton tient une statistique à ce sujet afin de :
    • identifier les types de clôtures et emplacements particulièrement problématiques
    • déduire des mesures d'amélioration ciblées.
  • que les soutiens financiers et instruments d'encouragement (notamment paiements directs, contributions à la protection des troupeaux) soient liés au fait que les systèmes de clôtures et filets utilisés correspondent aux directives conformes à la protection des animaux.
  • que des unités obligatoires sur les systèmes de clôtures et filets adaptés à la faune sauvage soient intégrées dans la formation cynégétique ainsi que dans les cours pour agricultrices et agriculteurs.
  • que le Conseil d'État expose dans son message :
    • quels problèmes avec les réseaux de pâturage et clôtures sont connus jusqu'à présent dans le canton
    • quels systèmes de clôtures et filets sont considérés comme particulièrement problématiques
    • quelles répercussions organisationnelles et financières sont à prévoir pour le canton, les communes et les milieux concernés.

Le Conseil d'État veille à ce que les dispositions cantonales ne soient pas inférieures aux directives du droit fédéral dans le domaine de la protection des animaux et de l'agriculture, mais les concrétisent et les renforcent dans le sens d'une protection efficace de la faune sauvage.

2. Justification succincte

Les réseaux de pâturage et clôtures sont indissociables de la pratique agricole. En même temps, ils causent année après année de grandes souffrances, souvent invisibles, aux animaux sauvages :

  • Les chevreuils, cerfs, chamois et autres ongulés restent accrochés par les pattes ou les bois dans les filets, paniquent, se blessent gravement ou meurent lentement.
  • Les hérissons, amphibiens, jeunes renards, jeunes blaireaux, lièvres et nombreux petits mammifères s'emmêlent dans les mailles, torons et fils, sont électrocutés, se blessent ou meurent d'épuisement.
  • Les oiseaux peuvent se blesser gravement dans les torons mal visibles, les filets particulièrement denses ou les fils barbelés.

Une clôture doit protéger les animaux, pas les tuer dans la souffrance. Qui recouvre le paysage de filets et torons doit veiller à ce que les animaux sauvages n'y périssent pas.

Ces cas de mort et de souffrance ne sont pas une loi naturelle, mais la conséquence d'aménagements humains. Beaucoup des réseaux de pâturage et formes de clôtures utilisés aujourd'hui sont uniquement orientés vers l'utilité à court terme et ignorent complètement les besoins et modèles de déplacement des animaux sauvages. La tendance aux filets en plastique bon marché et rapidement installables est particulièrement problématique, car ils :

  • restent souvent des mois sans animaux sur le pâturage
  • sont placés en lisière de forêt, dans les corridors fauniques ou le long des haies
  • comportent par leur structure un risque élevé d'emmêlement, d'accrochage et de strangulation.

En Suisse, on accorde d'une part une grande importance à la biodiversité, à la protection des animaux et aux infrastructures respectueuses de la faune sauvage. D'autre part, les systèmes de clôtures de pâturage et filets restent largement une décision privée, souvent sans contrôle, sans directives claires et sans conséquences, même lorsqu'ils conduent de manière avérée à des souffrances animales. Cette disproportion n'est plus tenable du point de vue de la protection des animaux et d'une politique faunique crédible.

Des directives sur les clôtures et filets conformes à la protection des animaux constituent :

  • un levier simple et pragmatique pour prévenir beaucoup de souffrances animales
  • techniquement réalisables sans problème, car de nombreux systèmes plus respectueux de la faune sauvage sont disponibles sur le marché
  • également dans l'intérêt des agricultrices et agriculteurs, car les accidents avec les animaux de rente et sauvages se réduisent et les conflits avec la population et les organisations de protection des animaux s'apaisent.

La motion n'exige pas la suppression des réseaux de pâturage, mais leur régulation :

  • Les constructions et emplacements dangereux doivent être interdits ou nettement limités
  • Les filets et clôtures ne doivent se trouver que là où ils sont réellement nécessaires
  • Les systèmes de clôtures et filets doivent s'orienter selon les modèles de déplacement des animaux sauvages, et non l'inverse
  • Les infractions ne doivent pas rester sans conséquences lorsqu'elles causent répétitivement la mort d'animaux.

Dans un paysage intensivement utilisé et aménagé par l'homme, le canton porte la responsabilité des conséquences de cet aménagement. Il est inacceptable que des animaux sauvages meurent dans un réseau invisible de filets en plastique, torons et fils, simplement parce que des directives conformes à la protection des animaux font défaut ou ne sont pas appliquées.