9 avril 2026, 20h30

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Faune

Congo : les rhinocéros blancs font leur retour

Les rhinocéros blancs étaient considérés comme éteints au Congo. Des naturalistes ont désormais réinstallé 16 animaux, amorçant ainsi le plus grand transfert de rhinocéros de tous les temps.

Rédaction Wild beim Wild — 12 juin 2023

Pendant plus de dix ans, les rhinocéros blancs ont été considérés comme éteints en République démocratique du Congo.

Désormais, 16 spécimens de la sous-espèce méridionale ont été transférés par l'organisation de protection de la nature African Parks depuis l'Afrique du Sud vers le parc national de la Garamba, dans le nord-est du Congo.

Au cours des prochaines années, environ 70 rhinocéros blancs au total doivent être amenés au Congo. Si le projet est couronné de succès, ce serait le plus grand transfert de rhinocéros jamais réalisé.

Le parc national de la Garamba, situé à la frontière avec le Soudan du Sud, revêt une importance historique particulière. Ce parc national était considéré comme le dernier refuge naturel du rhinocéros blanc du Nord, l'autre sous-espèce du rhinocéros blanc — jusqu'à ce que les animaux y disparaissent il y a environ 15 ans.

Réparer une injustice

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe désormais le rhinocéros blanc du Nord comme le grand mammifère le plus rare au monde. En effet, seuls deux spécimens femelles, nés en captivité, existent encore dans le monde entier.

Du rhinocéros blanc du Sud, originellement présent en Zambie et en Afrique du Sud, il reste en revanche encore environ 16’000 spécimens. En Afrique du Sud notamment, l'espèce est toutefois également soumise à une pression croissante en raison du braconnage.

Il est donc grand temps, estime Kester Vickery, que la sous-espèce méridionale soit réinstallée au Congo en remplacement du rhinocéros blanc du Nord. Vickery est le cofondateur du cabinet de conseil Conservation Solutions, avec lequel il participe depuis environ 25 ans à des projets de transfert d'animaux sauvages.

En élargissant l'aire de répartition sur le continent, les chances de survie des rhinocéros augmentent à nouveau. «Quand on y réfléchit, il est très triste qu'une espèce se soit éteinte dans un pays. Nous essayons fondamentalement de réparer une injustice», déclare Vickery.

Les rhinocéros du Nord ont longtemps été une partie importante du paysage au Congo et ils jouaient un rôle essentiel pour l'environnement local Écosystème: «Les rhinocéros maintenaient les grandes surfaces herbeuses à ras pour d'autres espèces.» Diverses antilopes, notamment, en auraient profité.

Un regain de touristes attendu

C'est également l'avis de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), responsable de la préservation et de la protection des parcs nationaux congolais. «Les rhinocéros sont une espèce qui appartient historiquement au parc national de Garamba. Avec le retour des rhinocéros, on espère que le nombre de touristes venant dans la région augmentera à nouveau», déclare Pascal Adrio, directeur adjoint du parc de Garamba.

La réintroduction des rhinocéros n'est toutefois pas bon marché. «Le budget global estimé pour le transfert des 70 à 80 animaux s'élève, selon les estimations actuelles, à environ quatre millions de dollars», indique Martin Rickelton, représentant de l'organisation de conservation African Parks.

Mais ces projets de réinstallation coûteux et complexes font également l'objet de critiques. Car ils ne sont pas toujours couronnés de succès. Récemment, deux guépards sont morts après avoir été transférés d'Afrique vers l'Inde, où l'espèce était considérée comme éteinte depuis environ 70 ans. Des chercheurs avaient critiqué le fait que le parc national était trop petit pour les guépards.

Le projet rhinocéros fait lui aussi l'objet de critiques. «Nous devons vraiment nous demander si un tel transfert est éthiquement acceptable pour les animaux. Les rhinocéros blancs du Sud sont pour ainsi dire placés comme animaux d'expérimentation dans un habitat qui leur est inconnu», déclare Thomas Hildebrandt, expert en rhinocéros et responsable du département de gestion de la reproduction à l'Institut Leibniz de recherche sur les zoos et la faune sauvage. Des risques difficilement maîtrisables, liés notamment aux maladies, seraient ainsi acceptés.

Des perspectives peu encourageantes

Hildebrandt poursuit avec son équipe de recherche une approche différente. L'espèce doit être préservée grâce à la reproduction artificielle à partir des ovules des deux derniers rhinocéros blancs du Nord encore en vie. Si le projet aboutit, de nouveaux problèmes se poseront dans la région. Le rhinocéros blanc du Nord et le rhinocéros blanc du Sud pourraient-ils cohabiter à l'avenir?

Hildebrandt n'est pas convaincu : «Les espèces ont évolué différemment en raison de leur séparation géographique depuis des milliers d'années.» Certains chercheurs estiment qu'il ne s'agit plus de sous-espèces, mais de deux espèces indépendantes. Des tentatives de croiser une soi-disant espèce hybride de rhinocéros blanc du Nord et du Sud auraient causé des problèmes de santé aux animaux dans le passé.

Des perspectives peu encourageantes pour une future coexistence à l'état sauvage, estime Hildebrandt : «Que fait-on alors des rhinocéros blancs du Sud qui ont déjà été réinstallés ?»

Rickelton croit cependant que la reproduction artificielle du rhinocéros blanc du Nord prend trop de temps : «Si nous attendons 30 ou 40 ans, l'habitat du parc national de Garamba, où le rhinocéros blanc du Nord était originellement établi, pourrait changer de façon dramatique.»

Sans les rhinocéros blancs, la zone de savane se boise à tel point que les rhinocéros ne pourraient plus y vivre. La fenêtre de tir pour réinstaller les rhinocéros à Garamba serait donc correspondamment courte. Malgré tous les risques, le rhinocéros blanc au Congo ne peut être préservé qu'avec la sous-espèce du Sud, selon Rickelton.

Vous pouvez aider tous les animaux et notre planète avec bienveillance. Choisissez la compassion dans votre assiette et dans votre verre. Devenez vegan.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu aides à protéger les animaux et à leur donner une voix.

Faire un don