L'IG Wild beim Wild critique le marché des chasseurs à Weinfelden
Comment de tels événements associent tradition, commerce et souffrance animale.
Critique des manifestations de fourrures, peaux et trophées en Suisse, illustrée par l'exemple du marché traditionnel de fourrures à Weinfelden (TG) du 21 février 2026.
Les animaux sauvages ne sont pas des marchandises destinées au divertissement, au prestige et au commerce.
L'IG Wild beim Wild critique avec la plus grande fermeté les événements de fourrures, peaux et trophées en Suisse . De tels événements présentent année après année des animaux sauvages tués comme trophées, objets de décoration et marchandises. Cela normalise un rapport aux animaux sauvages qui n'est plus d'actualité et qui contredit clairement les attentes sociétales en matière d'éthique animale et de respect envers nos congénères.
Les organisateurs vendent ces événements comme entretien de la tradition et comme contribution à ce qu'ils appellent la gestion cynégétique. En réalité, ce sont des animaux sauvages tués qui sont au centre, dont les parties du corps sont mesurées, notées, primées ou vendues comme marchandises. Cette pratique encourage une culture de trophée obsolète, où ce n'est pas l'animal en tant qu'individu sensible qui compte, mais la performance de chasse et la taille des bois, cornes ou autres « signes de réussite ».
Il est particulièrement choquant que de tels événements servent en plus de place de marché pour le commerce de fourrures. Des fourrures de renard et autres peaux y sont achetées, évaluées, parfois primées ou tirées au sort. Ce commerce occulte la souffrance qui se cache derrière chaque fourrure et contribue à considérer les animaux sauvages comme des matières premières. Alors que la politique et la société entreprennent des démarches vers la limitation du commerce de fourrures, on continue de célébrer en Suisse une forme commercialisée de chasse de loisir qui est à peine défendable sur le plan éthique.
De tels marchés ne sont pas du folklore, mais font partie d'un système qui valorise les corps d'animaux. Quand les fourrures sont vendues à l'unité, la souffrance animale devient un calcul. C'est précisément cette logique qui est incompatible avec une conception moderne de la protection de la faune incompatible.
L'IG Wild beim Wild souligne en outre que la pratique cynégétique présentée véhicule souvent une image idéalisée. En réalité, les tirs ratés, les animaux blessés et les longues agonies font partie du quotidien de la chasse de loisir. Ces aspects ne sont ni abordés lors de tels événements ni communiqués ouvertement par les responsables. L'affirmation selon laquelle les expositions de trophées servent à analyser l'état des populations sauvages est difficilement soutenable. Les instruments de monitoring scientifiquement fondés n'ont pas besoin de crânes et de bois exposés qui servent principalement à l'autoreprésentation. Les trophées sont une expression matérielle d'animaux sauvages tués, dont la qualité du tir, la recherche et la souffrance n'apparaissent guère dans l'image officielle.
Du point de vue de la protection animale, il est également préoccupant que des enfants et des adolescents soient amenés à de tels événements sans qu'on leur transmette un rapport respectueux et contemporain avec les animaux sauvages. Au lieu de transmission de connaissances, c'est un spectacle qui prime, banalisant la violence et propageant un monde cynégétique romantisé.
Marchands d'armes, fabricants d'optique, accessoires de chasse, voyages de chasse, loteries de tirs de chasse à l'étranger : il se forme un système industriel cynégétique violent dans lequel les tirs et les corps d'animaux font partie d'un système de commercialisation.
Qui tue sans raison ne protège pas, et cela ne sert à rien à la société civilisée. Les chasseurs de loisir ne garantissent donc pas des populations sauvages saines ou naturelles, particulièrement pas avec leur abjecte chasse au renard. De tels événements soulèvent régulièrement des questions sur les aspects éthiques, les pratiques d'autorisation et l'impact sur l'opinion publique, et ils méritent enfin d'être fondamentalement remis en question politiquement et socialement.
L'IG Wild beim Wild exhorte les responsables des communes, villes et cantons à reconsidérer fondamentalement de tels événements. Une société civilisée n'a pas besoin de concours où des animaux sauvages morts sont présentés comme des succès, et elle n'a pas besoin d'un marché où les fourrures sont déplacées comme de vulgaires biens commerciaux. Il faut au contraire une compréhension respectueuse des animaux sauvages, une écologie scientifique de la faune sauvage et un abandon de la chasse de loisir.
