Maltraitance animale : les chasseurs suisses ne chassent pas de manière équitable
En Suisse, dans différents cantons, jusqu'au cœur de l'hiver (fin février), ont lieu les soi-disant chasses au passage et au piège. Avec ces formes de chasse sournoise, les renards, blaireaux, martres, etc. sont également attirés, apprivoisés et trompés pendant la période de détresse hivernale avec de la nourriture (nourriture pour chats et chiens, déchets de chasse, abats, etc.), uniquement pour pouvoir les tuer de manière insensée et pour le plaisir. Une maltraitance animale sans pareille.
Les animaux sauvages laissent souvent un chemin bien visible – le passage dit. C'est de là que vient aussi l'expression chasse au passage, dans laquelle les chasseurs amateurs guettent l'animal sur son passage habituel. Les chasseurs amateurs se cachent de manière sournoise et lâche pour tirer sur différents animaux sauvages aux postes d'appâtage préparés par les chasseurs amateurs (place d'appât) par plaisir de torturer (quand le prédateur arrive).
Depuis des chambres, des chalets d'alpage, des cabanes de passage équipées d'une petite fenêtre de camouflage, on tire. Peu importe que ce soit le renard père en bonne santé ou même possiblement la mère des jeunes qui se trouvent dans le terrier. Nos renards sont chassés dans de nombreux cantons en continu jusqu'au 1er mars, à partir du 15 juin.
Avec le début de la saison des amours début décembre, il y a très probablement déjà des renardes gestantes et régulièrement les pères renards sur le tableau de chasse. Ceux-ci manqueront alors plus tard comme principal pourvoyeur des jeunes familles de renards. En particulier lors de l'affût nocturne, il existe un grand danger de confondre la femelle avec un jeune renard et finalement de tuer un parent absolument nécessaire à l'élevage des renardeaux. Au plus tard à partir du début de la période de mise bas des renards, c'est un délit. Qui chasse encore les renards maintenant ne chasse pas de manière équitable. Même dans la littérature cynégétique, il est reconnu que le mâle est nécessaire à l'élevage des jeunes. Mais la législation sur la chasse ne tient pas compte du fait que précisément entre la période d'accouplement et de mise bas (c'est la période où les jeunes naissent), les parents renards sont particulièrement intensément chassés et tués, ce qui constitue de la maltraitance animale.
Les chasseurs amateurs et les associations de chasse aiment se vanter de chasser de manière « équitable ». Chasser de manière équitable ne signifie pas seulement être conforme aux lois, mais bien plutôt aussi toujours suivre les règles non écrites de la chasse. Dans le Code de chasse sur l'équité de la chasse de 2014, l'association suisse de chasse explique sa philosophie des chasseuses et chasseurs suisses pour une chasse responsable et durable. Il y est dit par exemple :
- J'évite de déranger inutilement le gibier.
- J'évite les souffrances inutiles des animaux.
- Là où les refuges comme zones de repli du gibier sont compromis, je m'engage pour les animaux sauvages.
- Je prends soin de l'environnement et m'engage pour que les habitats soient protégés et valorisés.
- etc.
Pour le renard, cette éthique de la chasse ne semble pas s'appliquer. Ici, les chasseurs de loisir, les associations de chasseurs et le législateur tolèrent même la mise à mort des animaux parents nécessaires à l'élevage des jeunes !
Nous demandons donc aux autorités compétentes de garantir sans délai, par des lois ou des périodes de protection appropriées, la protection des animaux parents pendant la période d'accouplement et celle de l'élevage des jeunes, explique Carl Sonnthal de l'IG Wild beim Wild.
Les cantons comme Genève, Neuchâtel, Vaud, Fribourg, Zoug ou Obwald le font déjà partiellement pour mettre fin à la maltraitance animale.
Des faits plutôt que des légendes de chasseurs ou de la maltraitance animale
Des études scientifiques ont révélé que même en abattant trois quarts d'une population, le même nombre d'animaux se retrouve l'année suivante. Et il en va de même par exemple avec les ratons laveurs. Plus les renards sont chassés intensivement, plus il y a de descendants – toute « régulation » des populations de renards, quelle qu'elle soit, n'est ni nécessaire ni possible par des moyens cynégétiques.
Par conséquent, toute chasse au renard constitue une violation claire de la loi sur la protection des animaux, car elle manque de motif raisonnable. Il existe depuis plus de 30 ans au moins 18 études de biologie de la faune qui le prouvent : la chasse au renard ne régule pas et ne convient pas non plus à la lutte contre les épidémies. Au contraire !
Nous saluons donc le canton de Genève avec une gestion professionnelle de la faune sauvage sans chasseurs de loisir, mais avec des gardes-faune intègres. À Genève, aucun renard, martre ou blaireau n'est régulé simplement parce que c'est la saison de chasse et que des tortionnaires d'animaux veulent pratiquer leur loisir. Cela se reflète aussi dans la statistique cynégétique fédérale. Sécurité, protection des animaux et éthique sont les maîtres mots.
L'IG Wild beim Wild estime que ces massacres insensés et cette maltraitance animale ne sont plus d'actualité dans tout notre espace vital et exige l'interdiction de toute la petite chasse !
