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Chasse

Autriche : les nourrissages de la faune sauvage, un problème pour la nature

Les nourrissages de la faune sauvage en Autriche font l'objet de critiques croissantes. Ces sites d'alimentation de masse favorisent les surpopulations et servent avant tout les intérêts des chasseurs de loisir.

Rédaction Wild beim Wild — 17 février 2019

À l'occasion du large débat sur la chasse en enclos, qui a abouti à des interdictions à l'échelle fédérale, les chasseurs ont apparemment ressenti le besoin de redorer leur image. Pour ce faire, ils ont profité des importantes chutes de neige survenues en janvier en Autriche et ont présenté leurs nourrissages hivernaux massifs comme une meilleure forme de protection animale. Certains défenseurs des animaux se sont laissé prendre au jeu. Or, la problématique des enclos de chasse a précisément mis en lumière les tragédies animales engendrées par ces nourrissages. Non seulement les populations gonflées artificiellement par les nourrissages détruisent entièrement leur propre milieu de vie, la forêt, à l'intérieur des enclos — mais cela conduit inévitablement, à l'automne, aux grands massacres des chasses à rabatteurs. Et c'est là la véritable raison de ces nourrissages, non pas la protection animale : conserver dans le territoire de chasse le plus grand nombre possible d'animaux porteurs de beaux trophées pour les abattre.

Le VGT (Verein Gegen Tierfabriken Österreich) a donc tenté d'apporter davantage d'objectivité au débat et a invité trois expert·e·s reconnu·e·s à une conférence de presse sur les nourrissages cynégétiques d'animaux sauvages porteurs de trophées, au Café Landtmann :

L'ancien chasseur de longue date et vétérinaire officiel, le Prof. Dr. Rudolf Winkelmayer, a évoqué les sorties de chasse avec son père durant son enfance, à une époque où l'on ne pratiquait pas encore le nourrissage. Les chevreuils et les cerfs survivaient pourtant alors à des hivers bien plus enneigés. Il a mis en garde contre la domestication des animaux sauvages par les nourrissages et a demandé que toute chasse soit suspendue à partir du 21 décembre. Dans d'autres pays sans système de chasse à territoire attribué, la saison de chasse serait nettement plus courte. En Autriche, en revanche, la chasse se pratique tout au long de l'année.

Le Dr Hans Frey, maître de conférences honoraire en médecine vétérinaire, a rappelé qu'autrefois, outre le chevreuil et le cerf, l'élan, deux imposantes espèces de bovins sauvages et des chevaux sauvages peuplaient également nos contrées, et qu'une grande diversité d'espèces d'arbres et d'autres formes de végétation était néanmoins possible. Mais aujourd'hui, la flore et la faune seraient réduites aux seules espèces exploitables sur le plan économique et cynégétique. Le cerf rouge bénéficie d'un statut de culte. Lui-même, dans sa jeunesse, aurait été mis sous pression par les chasseurs pour dissimuler des conclusions écologiques critiques envers la chasse, afin que la chasse aux grands trophées puisse se poursuivre sans entrave.

En dernier lieu, la biologiste de la faune sauvage Dr Karoline Schmidt a pris la parole et qualifié le nourrissage de poison. Celui-ci entraînerait non seulement une destruction de la forêt, mais aussi de graves inconvénients pour les animaux sauvages nourris eux-mêmes. D'une part, la pression de chasse augmenterait avec la taille de la population, ainsi que le nombre d'animaux abattus, et d'autre part, cela pousserait les cerfs et les chevreuils à adopter des comportements contraires à leur nature, comme l'activité nocturne, la fuite précoce devant l'être humain et le séjour dans des biotopes inadaptés. Le cerf et le chevreuil seraient bien adaptés à l'hiver et pourraient le traverser même sans nourrissage, si les tailles de population étaient ajustées et si les animaux n'étaient pas stressés par la chasse en hiver.

DDr. Martin Balluch, président du VGT, refuse de croire à l'amour des animaux affiché par les chasseurs :

« Pourquoi nourrit-on uniquement le cerf et le chevreuil, mais pas par exemple le sanglier ou le renard ? Tous les animaux ont plus de difficultés à se nourrir en hiver. Au lieu de cela, les renards sont abattus toute l'année. Et ce de manière totalement inutile, comme le montre l'exemple de la ville de Vienne : sur 58 000 ha, la chasse au renard y a été complètement abandonnée, avec des effets positifs sur la nature. La chasse impitoyable au renard, y compris en hiver, le démontre : le nourrissage du chevreuil et du cerf ne sert que le culte du trophée, certainement pas la protection des animaux. »

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En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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