3 avril 2026, 16:44

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Formats de loisir de maltraitance animale et salons de terrariophilie

Le Conseil d'État est chargé, en collaboration avec les autorités fédérales et cantonales compétentes ainsi qu'avec les communes, de veiller à ce que les événements impliquant des animaux tels que les salons de chasse, de pêche sportive et de terrariophilie sur le territoire cantonal respectent strictement la loi sur la protection des animaux (LPA; RS 455) et l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn; RS 455.1) et ne contribuent plus à normaliser ou légitimer la maltraitance animale.

Il est notamment chargé :

  1. D'examiner et de rapporter dans quelle mesure, sur le territoire du canton, les salons et formats d'événements qui mettent en scène la chasse, la pêche sportive et la terrariophilie comme des univers de loisir et de consommation conduisent à une légitimation de fait d'attitudes et de pratiques pouvant constituer l'infraction de maltraitance d'animaux selon l'art. 26 LPA (mauvais traitements, négligence, surmenage inutile ou non-respect de la dignité des animaux) ou d'autres dispositions pénales du droit de la protection des animaux.
  2. De s'assurer que lors d'événements avec des animaux vivants (notamment terrariophilie), il soit systématiquement contrôlé si les exigences légales minimales concernant la détention, les soins, le transport et la vente sont respectées, et qu'en cas de soupçon de détentions illégales ou de maltraitance d'animaux, des procédures pénales et administratives soient systématiquement engagées.
  3. D'inciter les communes et lieux d'événements (par ex. centres d'exposition et soi-disant arènes environnementales ou d'expérience) à ne pas réduire leur rôle à une prétendue « plateforme neutre », mais à s'assurer lors de l'octroi d'autorisations, de locations et de publicité qu'aucun format ne soit soutenu qui normalise ou banalise les dysfonctionnements systémiques de la détention d'animaux – notamment en terrariophilie.
  4. De proposer comment les conditions d'autorisation, les autorisations publicitaires et d'affichage dans l'espace public, les conditions relatives à la sécurité, à la protection des animaux et au droit alimentaire ainsi que la collaboration avec les services spécialisés cantonaux peuvent être utilisés pour détecter précocement, contrôler strictement ou interdire les événements présentant un risque accru de violations de la loi sur la protection des animaux.
  5. De montrer par quelles mesures de sensibilisation et d'information (par ex. en collaboration avec des organisations reconnues de protection des animaux) la population peut être informée sur le risque punissable de détentions de maltraitance d'animaux, notamment dans le domaine de la détention de reptiles et d'animaux exotiques.

Justification

La loi suisse sur la protection des animaux oblige à respecter la dignité de l'animal et à ne lui infliger aucune douleur, souffrance, dommage ou angoisse évitables. L'art. 26 LPA sanctionne pénalement la maltraitance d'animaux – notamment les mauvais traitements, la négligence, le surmenage inutile et le non-respect de la dignité.

Malgré cette situation juridique claire, des formats d'événements s'établissent également dans notre canton, qui présentent l'exploitation animale comme divertissement, objet de consommation ou loisir, normalisant ainsi des formes d'élevage et d'utilisation problématiques. Des exemples suisses montrent que sous le couvert d'« arènes environnementales » ou « d'expérience », la chasse, la pêche sportive et en particulier la terrariophilie sont mises en scène comme des univers de loisirs légitimes, bien qu'il faille s'attendre à des dizaines de milliers de détentions potentiellement maltraitantes et punissables dans le domaine de l'élevage de reptiles.

Lorsque les organisateurs et les communes se déclarent « non instance morale » et se retranchent dans un rôle de simple plateforme de discours, cela entre en collision avec l'obligation légale de respecter la dignité des animaux et de prévenir la maltraitance animale. Les communes disposent de leviers réels comme les autorisations, les conditions, les réglementations publicitaires et la collaboration avec les services cantonaux spécialisés, pour empêcher ou au moins limiter considérablement les formats maltraitants.

La présente intervention exige donc une clarification des compétences, une utilisation plus conséquente de ces instruments ainsi qu'un renforcement des contrôles et de la sensibilisation, afin que les manifestations sur le territoire cantonal ne contribuent ni directement ni indirectement à légitimer la maltraitance animale.