4 avril 2026, 09:22

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Pas de propagande de chasse par des chasseurs de loisir dans les écoles

Dans les écoles et jardins d'enfants apparaissent de plus en plus de chasseurs de loisir en tant que prétendus pédagogues de la nature. Parallèlement, du matériel pédagogique idéologiquement orienté provenant de l'environnement de JagdSchweiz, notamment via la plateforme kiknet, est introduit dans l'enseignement. Les enfants reçoivent ainsi une vision du monde unilatérale et favorable à la chasse, tandis que la violence, les problèmes de protection animale et les risques sont systématiquement occultés.

1. Motion

Le Conseil d'État est chargé de soumettre au Grand Conseil un projet de modification de la loi sur l'école obligatoire (………), des ordonnances d'exécution correspondantes (……… ), du droit de l'aide à l'enfance et à la jeunesse (……… ) ainsi que, le cas échéant, d'autres textes pertinents, afin d'empêcher dans le canton (……… ) l'enseignement par des chasseurs de loisir dans les écoles et jardins d'enfants, d'écarter de l'enseignement la propagande de chasse idéologiquement marquée comme celle de l'association JagdSchweiz et d'ancrer une pratique éducative conforme aux droits de l'enfant et exempte de violence. La révision législative doit notamment garantir

  • que dans les écoles et jardins d'enfants publics et cofinancés par l'État
    • aucune association cynégétique, fédération ou chasseur de loisir ne puisse organiser d'unités d'enseignement, de journées de projet, de semaines d'expérience ou d'offres similaires qui font directement ou indirectement la promotion de la chasse ou présentent positivement le maniement d'armes à feu et les actes de mise à mort
    • les offres externes sur les thèmes de la forêt, de la faune sauvage, de la biodiversité et de la protection de la nature ne soient assurées que par des services spécialisés pédagogiquement qualifiés et institutionnellement indépendants (notamment centres nature, gardes-faune, organisations d'éducation à l'environnement reconnues).
  • qu'il soit notamment interdit,
    • de faire participer des enfants et des jeunes dans le cadre d'offres scolaires ou de vacances à des chasses, à des actes de mise à mort ou à l'éviscération d'animaux, ou de les impliquer comme spectateurs et spectatrices dans des actes de chasse
    • d'utiliser des enfants avec des animaux préparés, éventrés ou ensanglantés comme décor pour de la propagande cynégétique, des photos publicitaires ou des publications sur les réseaux sociaux
    • de donner aux enfants des armes ou des répliques d'armes pour reconstituer des scènes de chasse ou pour thématiser le tir sur les animaux comme divertissement de loisir.
  • que les matériels pédagogiques provenant de l'environnement des associations de chasse, en particulier de JagdSchweiz et via des plateformes comme kiknet de JagdSchweiz, ne soient pas reconnus comme moyens d'enseignement neutres. Les matériels qui présentent la chasse comme une mesure en soi durable pour la préservation de la biodiversité et la prévention des dommages, sans thématiser de manière appropriée les problèmes de protection animale, les tirs ratés, la souffrance des animaux et les critiques sociétales, sont considérés comme de la communication orientée par des intérêts et ne sont pas admissibles pour l'enseignement régulier.
  • que les directives cantonales pour les offres scolaires externes prescrivent,
    • que les conflits d'intérêts doivent être déclarés et que les organisations dont l'objectif principal consiste à tuer des animaux à des fins de loisir ne sont en règle générale pas admises comme partenaires éducatifs
    • que les matériels pédagogiques des associations de chasse et des chasseurs de loisir ne doivent pas être repris sans esprit critique, mais ne peuvent être utilisés qu'au maximum dans un contexte clairement identifié et pluriel
    • que les droits de l'enfant, la protection animale et la prévention de la violence doivent être pris en considération de manière prioritaire lors de l'évaluation d'offres externes.
  • que les autorités cantonales de l'éducation
    • émettent des recommandations et des directives selon lesquelles les directions d'école et le corps enseignant doivent en principe refuser les offres des associations de chasse ou des chasseurs de loisir
    • en particulier que les coopérations avec JagdSchweiz et leurs offres scolaires ainsi que les liens vers des portails pédagogiques cynégétiques sur les canaux officiels des écoles et des autorités éducatives doivent être évités
    • encouragent plutôt les coopérations avec les gardes-chasse, les organisations de protection de la nature et des animaux, les centres d'éducation environnementale et les institutions scientifiques qui transmettent une vision sans violence des animaux et de la nature.
  • que la formation et la formation continue du corps enseignant comprennent des contenus obligatoires sur
    • les droits de l'enfant, en particulier la Convention des droits de l'enfant de l'ONU et la protection des enfants contre la violence
    • les risques psychiques de la violence et des scènes de mise à mort pour les enfants
    • la gestion des offres de lobby et de propagande dans le domaine éducatif
      et permettent au corps enseignant de classifier de manière critique les offres et matériels cynégétiques comme ceux de JagdSchweiz.
  • que le Conseil d'État expose dans le message,
    • dans quelle mesure les écoles et jardins d'enfants du canton (………) ont utilisé au cours des dernières années des offres d'associations de chasse ou de chasseurs de loisir (visites scolaires, semaines de projet, matériels)
    • si et sous quelle forme des matériels pédagogiques de JagdSchweiz, en particulier via kiknet, ont été utilisés ou recommandés dans le canton (………)
    • quelles coopérations contractuelles ou informelles existent entre les autorités éducatives et les associations de chasse
    • comment cette pratique est compatible avec les obligations découlant de la Convention des droits de l'enfant de l'ONU, du droit de protection de l'enfance et de la jeunesse ainsi qu'avec les principes directeurs cantonaux sur la prévention de la violence et l'éthique animale.
  • que les réglementations soient coordonnées avec la motion «Les enfants doivent être protégés de la violence à la chasse» afin que les enfants soient protégés tant de la violence cynégétique directe que de l'endoctrinement cynégétique et de la propagande unilatérale d'associations dans le domaine éducatif.

Le Conseil d'État prend en considération dans son projet les dispositions transitoires nécessaires, en particulier pour les années scolaires en cours, les projets déjà convenus et les contrats de moyens d'enseignement existants.

2. Brève justification

Dans différents cantons, les associations de chasse et les chasseurs de loisir proposent des visites scolaires, des journées de projet et des camps de vacances pour enfants et adolescents. Ils se présentent comme de prétendus pédagogues de la nature, alors que leur préoccupation centrale consiste à gagner l'acceptation et la relève pour un hobby basé sur la mise à mort d'animaux avec des armes à feu.

Parallèlement émergent des offres pédagogiques issues de l'environnement direct du lobby de la chasse. La plateforme kiknet jagdschweiz présente sous le titre «Chasse et animaux sauvages» la chasse moderne comme durable, scientifiquement fondée et comme mesure de préservation de la biodiversité et de prévention des dommages à la végétation, aux animaux et aux humains. Les aspects critiques comme les problèmes de protection animale, les blessures, les tirs ratés, la chasse au terrier, les chasses en battue et la controverse sociale sont à peine ou pas du tout thématisés dans ces matériaux.

Il ne s'agit donc pas d'éducation neutre, mais de communication guidée par des intérêts d'une association qui poursuit politiquement et économiquement un objectif clair : légitimation et stabilisation de la chasse de loisir. Les milieux critiques décrivent cette forme d'influence sur les enfants comme sectaire et militante. Indépendamment de cette évaluation, il est établi qu'une association dont l'objectif central est la mise à mort d'animaux à des fins récréatives et qui fait activement du lobbying politique n'est pas un partenaire éducatif neutre.

Des rapports montrent que les chasseurs de loisir travaillent dans les établissements pédagogiques avec des animaux naturalisés, des jeux de chasse et des semaines d'expérience. La violence de chasse réelle, la souffrance des animaux et la problématique connue des chasses en battue sont occultées ou minimisées. Les enfants qui aiment les animaux doivent simultanément apprendre que tuer ces animaux est un divertissement de loisir normal. Les armes sont présentées comme un moyen acceptable pour résoudre les conflits avec les animaux.

La Convention des droits de l'enfant de l'ONU garantit à tous les mineurs le droit à l'intégrité physique et psychique et oblige l'État à protéger les enfants contre la violence. La violence contre les animaux n'est pas vécue par les enfants de manière abstraite comme régulation des populations, mais comme situation immédiate de persécution, de blessure et de mort. La littérature spécialisée en psychologie infantile met en garde lorsque la violence envers les animaux est présentée comme normale ou positive, car cela peut émousser l'empathie et déplacer l'attitude envers la violence.

Selon le droit fédéral, aucun canton en Suisse n'est tenu de prévoir la chasse de loisir. C'est le droit des cantons de décider si la chasse est autorisée ou non. Si un canton se décide contre ou même partiellement contre la chasse, il peut le faire librement selon la Constitution fédérale. Le canton de Genève a depuis longtemps choisi cette voie exemplaire.

Les écoles et jardins d'enfants ont pour mission de renforcer les enfants, de penser de manière critique, de rejeter la violence et de développer le respect envers les autres êtres vivants. Ils ne sont pas un terrain de recrutement pour des hobbys basés sur la violence ni une scène pour la propagande d'associations. Les offres externes sont utiles quand elles sont techniquement indépendantes, pédagogiquement qualifiées et orientées vers les droits fondamentaux des enfants.

Par la présente motion, le Conseil d'État est chargé de tracer une ligne claire :

  • Pas d'endoctrinement cynégétique dans le domaine éducatif.
  • Pas de normalisation des armes et de la violence meurtrière envers les animaux dans les écoles et jardins d'enfants.
  • Pas d'utilisation de matériaux unilatéraux d'associations comme ceux de JagdSchweiz comme prétendus moyens d'enseignement neutres.
  • Renforcement des droits de l'enfant, de la protection animale et de l'éducation environnementale indépendante.

Ainsi est garanti que les enfants grandissent dans un environnement éducatif qui ne vend pas la violence comme divertissement de loisir, mais favorise une culture de l'empathie et du respect envers tous les êtres vivants.