Environ 30 000 chasseurs amateurs pratiquent la chasse en Suisse. Nombre d’entre eux utilisent désormais des technologies qui, il y a à peine une génération, étaient réservées exclusivement aux militaires et aux forces de l’ordre : des caméras thermiques qui rendent visible la chaleur corporelle des animaux sauvages dans l’obscurité totale, des dispositifs de vision nocturne permettant des tirs précis sans lumière du jour, des drones qui traquent et rabattent les animaux sauvages depuis les airs, et des appeaux numériques qui exploitent des instincts millénaires.
Ce que les chasseurs amateurs présentent comme des « pratiques de chasse modernes » et une « protection efficace de la faune sauvage » s'avère, à y regarder de plus près, être un système de domination technologique qui prive les animaux sauvages de leurs seuls espaces protégés restants : la nuit, le terrier, le fourré, et le récit de la tradition, du lien avec la nature et de la « chasse équitable » est définitivement réfuté.
Le droit suisse en la matière est un ensemble disparate de réglementations pratiquement impossible à contrôler : les cantons appliquent des règles différentes, l’application de la loi est structurellement complexe et, au niveau fédéral, il n’existe aucune réponse cohérente aux progrès technologiques en matière de chasse. Ce dossier documente les faits, identifie les problèmes de bien-être animal et démontre pourquoi la chasse récréative assistée par la technologie est l’antithèse des pratiques de chasse éthiques.
Qu'est-ce qui vous attend ici ?
- Caméras thermiques : comment les animaux sauvages sont détectés avant même le crépuscule, pourquoi même la communauté des chasseurs du Valais a exigé une interdiction et ce que cela révèle sur la notion de proportionnalité.
- Dispositifs de vision nocturne : Pourquoi la chasse nocturne est particulièrement problématique du point de vue du bien-être animal, quels types de blessures surviennent et qu’arrive-t-il aux animaux blessés dans l’obscurité.
- Drones : comment les drones sont utilisés comme « chauffeurs aériens », pourquoi le canton de Glaris a déjà réagi et où se situe la limite entre le sauvetage de faons et l’outil de chasse.
- Leurres numériques : comment la chasse de loisir utilise les instincts évolutifs comme un piège, quels dispositifs sont disponibles gratuitement et pourquoi le discours sur la « concurrence loyale » est en train d’être démantelé.
- Le patchwork réglementaire en Suisse : pourquoi 26 cantons produisent 26 ensembles de règles différents, à quoi ressemble la réaction parlementaire au niveau fédéral et pourquoi l’application est structurellement presque impossible.
- Le mythe de la chasse équitable : pourquoi la chasse de haute technologie et la chasse éthique sont une contradiction irréconciliable.
- Ce qui doit changer : Six revendications concrètes pour une réglementation proportionnée.
- Argumentation : Réponses aux justifications les plus courantes des chasseurs amateurs.
- Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d’œil.
Caméras thermiques : Tirées de l'ombre de la nuit
La caméra thermique, autrefois outil spécialisé, est devenue un équipement standard pour les chasseurs amateurs. « Ces dispositifs de vision nocturne connaissent un véritable essor. Presque tous les groupes de chasse en sont équipés. Cela accroît la concurrence entre les chasseurs et exerce une pression supplémentaire sur la faune sauvage », explique Sven Wirthner, de l'Office valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune. Les zones de chasse sont scrutées à l'aide de la caméra avant même le crépuscule ; les cerfs et les biches repérés pendant la nuit sont ensuite abattus aux premières lueurs du jour. La nuit, qui constitue d'un point de vue évolutif la zone de protection la plus importante pour les animaux sauvages, est ainsi systématiquement supprimée.
Même au sein de la communauté cynégétique, l'acceptation de cette pratique reste limitée. Le canton du Valais a interdit les caméras thermiques à l'initiative de sa propre association de chasse – non pas en raison d'une obligation légale, mais parce que la pression exercée sur la faune sauvage était devenue excessive. « Les animaux doivent aussi avoir la possibilité d'échapper aux chasseurs en faisant appel à leur instinct », justifie le canton valaisan. Il est important de souligner que si la communauté des chasseurs de loisir elle-même considère un outil comme trop efficace et donc injuste, toute discussion sérieuse sur le bien-être animal devrait prendre ce constat comme point de départ, et non le rejeter comme une opinion isolée.
Dans le canton de Berne, les caméras thermiques sont autorisées à des fins d'observation, à condition de ne pas servir directement d'aide à la visée pour le tir. La réglementation diffère selon les cantons. Il en résulte un avantage technologique qui engendre une pression de chasse constante, ne laissant aucun répit à la faune sauvage. Du point de vue du bien-être animal, cette pression de chasse chronique est loin d'être négligeable : le stress persistant accroît le taux de cortisol, perturbe les cycles de reproduction, augmente le risque d'accidents lors des fugues et affaiblit le système immunitaire.
Lire la suite : Psychologie de la chasse et mythes sur la chasse : 12 affirmations à examiner de manière critique
Dispositifs de vision nocturne : Quand l'animal n'a plus aucune chance
Si les caméras thermiques sont utilisées pour la reconnaissance, les dispositifs de vision nocturne et les lunettes de visée thermiques vont plus loin : ils permettent le tir direct dans l’obscurité totale. La législation relative à ces dispositifs est contradictoire. En Allemagne, les lunettes de visée thermiques sont autorisées comme accessoires amovibles pour la chasse au sanglier dans plusieurs Länder ; en revanche, les lunettes de visée thermiques entièrement intégrées restent interdites. En Suisse, la réglementation cantonale détermine ce qui est autorisé, ce qui explique qu’un même dispositif soit légal dans le canton X et interdit dans le canton Y. Dans le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, une fiche d’information officielle mentionne explicitement les dispositifs de vision nocturne comme des aides interdites. D’autres cantons ne se prononcent pas sur la question.
Du point de vue du bien-être animal, la chasse de nuit est particulièrement problématique. Identifier précisément une espèce animale à l'aide de caméras thermiques est beaucoup plus difficile dans l'obscurité qu'en plein jour, ce qui augmente le risque de tirs accidentels. La situation est encore plus grave pour les animaux blessés qui ne sont pas abattus immédiatement : les recherches ne peuvent généralement commencer que le lendemain matin, au plus tôt. L'animal blessé passe des heures à agoniser, seul, dans l'obscurité, sans aucun espoir de secours. L'association Wildlife Protection Germany déclare : « Les animaux abattus de nuit sont souvent introuvables lors des recherches, ce qui entraîne une mort douloureuse. » Il ne s'agit pas de chasse responsable, mais de souffrance organisée.
Au niveau fédéral, une motion visant à interdire les dispositifs de vision nocturne pour la chasse a été soumise au Conseil national suisse. Cela montre que le problème a pris de l'ampleur politiquement. Cependant, une réglementation fédérale cohérente fait toujours défaut. Les défenseurs de la chasse récréative affirment que les dispositifs de vision nocturne sont essentiels à une « gestion efficace des sangliers ». Cet argument est fallacieux : la chasse récréative contribue fortement au problème des populations de sangliers en décimant leurs prédateurs naturels, et réclame ensuite davantage de technologies pour le résoudre.
Pour en savoir plus : Dossier sur les animaux sauvages, la peur de la mort et l’absence d’étourdissement , et les méthodes de chasse cruelles – tolérées et encouragées
Drones : Le « conducteur venu du ciel »
Les partisans des drones pour la chasse mettent en avant leur utilité pour sauver les faons des tondeuses. Du point de vue du bien-être animal, cette approche est légitime et bienvenue. Cependant, l'utilisation des drones comme outil de chasse actif est une tout autre affaire. Dans le canton de Glaris, le gouvernement cantonal a déclaré que les drones peuvent être utilisés comme « observateurs aériens », « perturbant directement » le gibier, ce qui contrevient aux pratiques de chasse éthiques, et a recommandé une révision de la réglementation. Il s'agit d'un aveu stupéfiant : l'État reconnaît que les drones posent problème pour la chasse, mais ne prend aucune mesure.
Les drones permettent le suivi, le débusquage et la manipulation systématiques des animaux sauvages depuis les airs. Pour ces animaux, cela signifie un élément supplémentaire de surveillance totale de leur habitat : aucun fourré n’offre de refuge lorsqu’un drone survole leur territoire. Les cerfs et leurs faons, en particulier, qui se « cachent » instinctivement lorsqu’ils sont menacés – restant immobiles dans les hautes herbes ou les sous-bois – sont particulièrement vulnérables aux drones. Ce comportement, une stratégie de protection ancestrale, est délibérément exploité et compromis par la chasse aux drones.
L'Office fédéral de l'aviation civile (BAZL) réglemente l'espace aérien, mais pas les modalités d'utilisation des drones pour la chasse. La Fédération allemande de chasse recommande à ses membres de s'abstenir d'utiliser des drones pour rabattre ou déranger le gibier, mais cette recommandation n'est pas juridiquement contraignante. Il incombe donc aux chasseurs de loisir d'éviter tout usage abusif d'une technologie qui confère à la chasse un avantage considérable. L'histoire des technologies de chasse montre que l'on ne peut se fier à la modération.
Pour en savoir plus : La chasse en Suisse : vérification des faits, méthodes de chasse, critiques et alternatives : comment aider efficacement sans tuer d’animaux
Leurres numériques : la tromperie comme système
Les appels numériques imitent à la perfection les cris des proies, d'autres animaux ou de jeunes en détresse. Diffusés par des enceintes Bluetooth, ils peuvent attirer les animaux à des centaines de mètres. Un renard attiré par le cri d'une souris numérique est incapable de se rendre compte qu'il s'agit d'un piège. Un cerf, réagissant au cri d'un faon qui semble vouloir protéger son petit, est abattu au moment même où il agit par instinct de protection. Il ne s'agit pas d'une chasse équitable, mais de l'exploitation systématique d'instincts millénaires, sans défense face à un haut-parleur.
En Suisse, l'utilisation d'appeaux pour attirer le gibier est interdite dans de nombreux cantons, mais les contrôles sont quasi inexistants. Des appeaux numériques contenant des centaines de cris d'animaux préenregistrés, y compris ceux d'espèces protégées, sont facilement accessibles en ligne. Il est pratiquement impossible de vérifier si un chasseur amateur utilise un appeau numérique sur le terrain. Ce qui n'est pas contrôlé se produit.
Les chasseurs amateurs justifient l'utilisation d'appeaux numériques comme « instruments naturels » car, autrefois, les chasseurs utilisaient ces appeaux. Cet argument est fallacieux : un appeau à anche, actionné par la bouche, requiert une certaine habileté, produit une gamme sonore limitée et manque de précision. Un appareil numérique doté d'un haut-parleur GPS et de 300 cris d'animaux préenregistrés en haute définition est l'antithèse du naturel. Il s'agit d'utiliser une technologie grand public contre des animaux incapables de faire la différence.
Lire la suite : Mythes de la chasse : 12 affirmations à examiner de manière critique et Les chasseurs amateurs et leur plaisir à infliger des souffrances aux animaux
La Suisse en mosaïque : des réglementations sans application
Ce qui rend la Suisse particulièrement singulière en matière de technologies de chasse, c'est l'incohérence totale de sa réglementation. La souveraineté cantonale sur le droit de la chasse fait qu'il peut exister jusqu'à 26 réglementations différentes pour une même technologie dans 26 cantons différents. Les caméras thermiques sont interdites dans le canton du Valais à l'initiative des chasseurs, autorisées pour l'observation dans le canton de Berne, et même pas mentionnées dans d'autres cantons. Les dispositifs de vision nocturne sont explicitement listés comme aides prohibées dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, tandis que la législation des autres cantons reste muette sur le sujet. Les appeaux numériques sont tantôt interdits, tantôt tolérés, et tantôt non réglementés selon les cantons.
L'application de la loi est structurellement quasi impossible. Les gardes-chasse sont rares et dispersés, les zones de chasse sont vastes et l'obscurité qui règne lors de la chasse nocturne offre une protection supplémentaire aux chasseurs de loisir. Vérifier l'utilisation de lunettes thermiques la nuit est pratiquement impossible sans documentation en temps réel sur place. Il en résulte une situation juridique qui, sur le papier, tolère en réalité les progrès technologiques.
Au niveau fédéral, une motion a été déposée pour interdire les dispositifs de vision nocturne pour la chasse. Il reste à voir si le Parlement se prononcera. En l'absence de réglementation fédérale, la protection de la faune sauvage contre la domination technologique continuera de reposer sur la bonne volonté des associations cantonales. Il ne s'agit pas d'un système, mais d'une question de chance.
Plus d'informations : Exemples de textes pour les motions critiques envers la chasse dans les parlements cantonaux et dossier sur la chasse en Suisse
Le conte de fées de la chasse équitable
La chasse récréative se justifie publiquement par la tradition, le lien avec la nature et le principe du respect de la faune sauvage. Le concept de « chasse éthique » est central à cet égard : il suggère une approche respectueuse des animaux sauvages, une position éthique qui distingue la chasse récréative du simple fait de tuer. La réalité technologique réfute ce discours à tous les niveaux.
Les caméras thermiques permettent de suivre les animaux avant même l'aube, les privant ainsi de la nuit comme refuge. Les dispositifs de vision nocturne permettent de tirer dans l'obscurité la plus totale, transformant la traque du gibier blessé en un combat à mort qui dure des heures. Les drones débusquent les animaux sauvages de leurs cachettes imprenables, pour lesquelles il n'existe aucune stratégie de défense ancestrale. Les appeaux numériques exploitent des instincts de protection et des réflexes d'accouplement vieux de centaines de milliers d'années. Aucun de ces outils n'a de lien avec la tradition ou la nature. Ils ont tous un point commun : ils maximisent l'avantage humain et réduisent à néant les chances de survie des animaux sauvages.
Le canton de Genève a démontré depuis 1974, et le Luxembourg depuis 2015, que la gestion de la faune sauvage est possible sans aucune forme de chasse récréative. Quiconque chasse des animaux à l'aide de technologies militaires perd le droit d'invoquer la tradition et les pratiques de chasse éthiques.
Pour en savoir plus : Genève et l’interdiction de la chasse : 50 ans sans chasse récréative et une interdiction de la chasse en Suisse : pourquoi il est grand temps de mettre fin à la chasse récréative.
Qu'est-ce qui devrait changer ?
- Interdiction fédérale des lunettes de visée thermiques et des dispositifs de vision nocturne pour les chasseurs de loisir : les progrès technologiques ont rendu obsolète la mosaïque de réglementations cantonales. Une interdiction fédérale des lunettes de visée thermiques et des dispositifs de vision nocturne permettrait d’établir un cadre juridique uniforme sur l’ensemble du territoire suisse et d’en garantir l’application.
- Définition juridique claire des drones en tant qu'outils de chasse interdits : les drones utilisés pour suivre, effrayer ou rabattre le gibier doivent être classés comme aides interdites en vertu de la loi fédérale sur la chasse.
- Interdiction nationale des appeaux numériques : L’utilisation d’appareils sonores numériques pour attirer les animaux sauvages doit être interdite sur l’ensemble du territoire suisse. La vente en ligne de ces appareils ne doit pas être interdite, mais leur utilisation sur les terrains de chasse publics et privés doit être sanctionnée par la loi.
- Obligation de déclaration pour les tirs et les recherches nocturnes : tout tir effectué de nuit doit être déclaré, y compris le début des recherches et leur issue. Ceci permettrait, pour la première fois, d’enregistrer statistiquement le nombre exact d’animaux morts et non retrouvés.
- Formation obligatoire à l’utilisation des nouvelles technologies : toute personne souhaitant utiliser des dispositifs d’imagerie thermique à des fins d’observation, lorsque cela est autorisé, doit fournir une formation vérifiable en matière d’identification précise des animaux. Ceci permet de réduire le nombre de tirs accidentels sur des espèces protégées.
- Obligation de transparence pour le lobby de la chasse : les fabricants et les distributeurs de matériel de chasse devraient être tenus de déclarer leurs chiffres de vente aux autorités. C’est le seul moyen de réguler la diffusion des nouvelles technologies en temps opportun. Exemples de motions : textes types de motions critiques envers la chasse et Parliament.ch : Motion visant à interdire les dispositifs de vision nocturne pour la chasse
Argumentation
« Les appareils d'imagerie thermique rendent la chasse plus sûre car ils évitent les tirs accidentels. » Or, c'est tout le contraire qui a été démontré : déterminer l'espèce et le sexe d'un animal à des températures proches de zéro degré Celsius, où les signatures thermiques sont similaires, est sujet à erreur. De plus, la précision perçue incite les chasseurs à tirer sur des espèces qu'ils n'oseraient pas tenter en plein jour. L'association Wildlife Protection Germany constate une augmentation du nombre de tirs accidentels sur des espèces protégées lors de l'utilisation d'appareils d'imagerie thermique.
« La chasse nocturne est nécessaire pour contrôler la population de sangliers. » L'affirmation selon laquelle un abattage accru réduirait durablement la population de sangliers est scientifiquement infondée. Des études montrent que les sangliers compensent les pertes par une reproduction accrue. La véritable cause de la pression exercée sur les sangliers – l'agriculture intensive, les monocultures de maïs et le manque de prédateurs – n'est pas éliminée par la chasse nocturne, mais simplement masquée.
« Des drones qui sauvent des faons ? C’est une bonne chose. » L’utilisation de drones pour secourir les faons pris au piège des tondeuses est certes bienvenue. Cependant, cela ne change rien au fait que cette même technologie est utilisée pour la chasse afin de débusquer et de rabattre les animaux sauvages. Défendre les deux simultanément relève d’une hypocrisie qui nuit à la faune sauvage.
« Les chasseurs ont déjà utilisé des appeaux numériques par le passé – ce n’est pas nouveau. » Un appeau à cerf soufflé à la main et une enceinte Bluetooth diffusant 300 sons d’animaux préenregistrés en haute définition sont si différents que la comparaison n’a aucun sens. La différence cruciale ne réside pas dans l’intention, mais dans l’effet : les appeaux numériques sont si précis et ont une portée si grande que l’animal est incapable de reconnaître l’imitation. Il ne s’agit pas d’une pratique de chasse traditionnelle, mais plutôt de l’utilisation de la technologie contre un animal dont la nature lui est inférieure.
« La chasse récréative s’autorégule – le Valais le prouve. » Le Valais démontre le contraire : l’autorégulation n’a fonctionné que lorsque la pression sur la faune sauvage était déjà si forte que la communauté des chasseurs a réagi d’elle-même. S’appuyer sur la modération volontaire sans cadre légal est irresponsable du point de vue du bien-être animal.
« La technologie est neutre en soi – tout dépend de son usage. » Or, la technologie n'est pas neutre lorsqu'elle crée des rapports de force asymétriques. Entre un animal sauvage dépendant de ses instincts et un chasseur amateur équipé d'une lunette thermique, d'un drone et d'un appeau numérique, il n'y a plus de compétition. Seule l'exécution compte.
Liens rapides
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Sources externes :
- Protection de la faune sauvage en Allemagne : Utilisation des techniques de chasse nocturne contre la conservation des animaux et de la nature
- Actualités SRF : Prêts à tendre une embuscade – Les chasseurs du Valais interdisent les appareils de vision nocturne
- Canton de Glaris : Des drones à l’œuvre – le conseil municipal examine le cadre juridique
- Parlament.ch : Proposition visant à interdire les dispositifs de vision nocturne pour la chasse
- Canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures: Fiche d'information sur les viseurs à réticule
- Protection suisse des animaux (STS) : Document de position sur le bien-être animal et la chasse (PDF)
- Fondation pour le droit animal (TIR) : La chasse en Suisse – Tradition, défis et bien-être animal (2024)
Notre revendication
Les animaux sauvages ne sont pas des cibles. La modernisation technologique de la chasse de loisir n'est pas un progrès, mais une capitulation face au principe de proportionnalité : ce qui restait comme seul refuge pour les animaux sauvages – la nuit, les fourrés, leurs instincts – est systématiquement menacé par les caméras thermiques, les drones et les appeaux numériques. Le droit suisse est un ensemble disparate et incontrôlable qui se fait au détriment de la faune sauvage. Les chasseurs de loisir se présentent comme des amoureux de la nature et des chasseurs éthiques, mais ceux qui chassent avec une technologie de précision quasi militaire perdent le droit à ce discours. Ce dossier est mis à jour régulièrement en fonction des nouvelles données, des évolutions juridiques ou des tendances technologiques.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.