Critique de la messe de saint Hubert à Hergiswald 2024
Tuer avec la bénédiction de l'Église : le 3 novembre, une messe de saint Hubert aura lieu à 10h00 avec les cors de chasse Auerhahn dans l'église de pèlerinage de Hergiswald. L'IG Wild beim Wild critique sévèrement cet événement et les responsables.
À l'occasion de la saint Hubert, jour de commémoration de saint Hubert de Liège le 3 novembre, l'IG Wild beim Wild critique de telles orientations du service religieux.
Les messes de saint Hubert, organisées et fréquentées principalement par des chasseurs de loisir, ne sont pas compatibles avec l'éthique chrétienne du respect de la vie.
Elles constituent souvent le coup d'envoi des battues et chasses spéciales particulièrement cruelles au cours desquelles même des chasseurs de loisir séniles parcourent les forêts de manière à maltraiter les animaux, pourchassant, blessant et tuant d'innombrables animaux sauvages. L'IG Wild beim Wild fait donc appel aux représentants de l'Église pour qu'ils prennent leurs distances à l'avenir de ces messes glorifiant la violence et sectaires.
Si de plus en plus d'animaux sauvages d'une espèce sont abattus parce qu'il y en a de plus en plus, faut-il alors en abattre encore plus pour qu'il y en ait moins ?
Il n'y a aucune raison compréhensible pour la chasse de loisir, car elle n'est pas appropriée pour réguler durablement les populations. La chasse ne signifie pas moins d'animaux sauvages, mais plus de naissances.
Historiquement parlant, la chasse pour la régulation des populations n'est pas non plus de la chasse, mais du zooicide terroriste.
Selon l'Association vétérinaire pour la protection des animaux, lors des battues, jusqu'à deux tiers des animaux sauvages ne meurent pas immédiatement. Avec des os brisés et des entrailles pendantes, les animaux fuient, souffrent de leurs blessures souvent pendant des jours et meurent dans d'atroces souffrances s'ils ne sont pas retrouvés lors de la soi-disant recherche ultérieure.
De nombreuses études scientifiques démontrent que la chasse n'est pas adaptée pour réguler durablement les populations sauvages. Des scientifiques ont prouvé que dans les populations de sangliers chassées, la maturité sexuelle des femelles arrive plus tôt, ce qui fait augmenter le taux de natalité. Ainsi, une forte pression de chasse entraîne une augmentation de la population des animaux sauvages concernés dans cette zone.
Célébrer un office religieux qui donne aux chasseurs la bénédiction symbolique pour le massacre systématique de créatures sans défense envoie un signal complètement erroné. Les Églises doivent défendre la préservation de la Création, non sa destruction. La messe de Saint-Hubert méconnaît en outre que Saint Hubert est passé de chasseur à opposant convaincu de la chasse. Julia Bielecki, théologienne.
La légende d'Hubert et du cerf portant une croix est connue de la poésie et des arts plastiques.
Selon la légende rapportée, Hubert naquit vers 655 comme fils d'un noble et mourut en 728. Au début, il menait une vie vouée aux plaisirs et était un chasseur passionné. Lorsqu'il eut un jour débusqué un cerf à la chasse et le poursuivait pour le tuer, celui-ci se dressa soudain devant lui. Entre ses bois rayonnait une croix et sous l'apparence du cerf, le Christ lui parla : « Hubert, pourquoi me chasses-tu ?» Hubert descendit de cheval et s'agenouilla devant le cerf. À partir de ce moment, Hubert cessa la chasse et mena désormais une vie simple.

Voilà pour la légende. Après son expérience avec le cerf, Hubert arrêta donc la chasse et devint un chrétien sérieux. Car le vrai christianisme et la chasse ne vont tout simplement pas ensemble. Lors de sa rencontre avec le cerf, il fut en effet placé devant le choix : soit il tue l'animal – alors il tue aussi le Christ – soit il ne le fait pas et se confesse au Christ. Ou pour le dire avec les mots de Matthieu 25,40 : «Ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait».
Il n'est écrit nulle part que Jésus-Christ, que les deux confessions vénèrent comme Fils de Dieu, ait jamais chassé des animaux. Cela serait aussi très insensé, car le 5e commandement de Dieu dit « Tu ne tueras point». Mais toute chasse est liée au fait de tuer.
Malgré tout cela, les soi-disant chasses de Saint-Hubert ainsi que les messes de Saint-Hubert ont lieu chaque année dans les églises. Au lieu de faire de saint Hubert le patron protecteur des animaux, l'Église l'a nommé patron des tueurs d'animaux sauvages.
Le sens de la légende d'Hubert est bien celui-ci : que l'homme doit vivre en harmonie et en paix avec la nature et les animaux. Il ne doit pas être le chasseur, mais le protecteur et l'ami des animaux. Comme il est si bien dit dans Marc 16,15 : « Allez dans le monde entier et prêchez l'Évangile à toutes les créatures.» Ceci ne fait certainement pas référence à la chasse.
Le vrai christianisme est une religion de l'éthique qui défend la miséricorde, le respect de la vie et l'amour du prochain. Les chrétiens pratiquants s'occupent de la question de savoir comment ces valeurs fondamentales peuvent être mises en œuvre globalement et formulent – proche de la Bible et théologiquement fondées – des lignes directrices éthiques viables pour une coexistence pacifique entre l'homme, la nature et l'animal. Les animaux sont « nos frères et sœurs», nos prochains. Toute utilisation d'eux – que ce soit pour la production alimentaire, pour les vêtements, pour le divertissement ou dans les expériences animales – et toute dégradation en marchandise, contredit une attitude pacifique, préservatrice et respectueuse de la vie.
Les chasseurs de loisir vivent de chair. C'est pourquoi ils sont souvent en colère, violents et agressifs. Cela n'est pas étrange, mais tout à fait naturel. Quand on vit du fait de tuer, on n'a aucun respect pour la vie. On est hostile envers la vie. Et qui est hostile à la vie ne peut pas aller à la prière, car la prière signifie révérence devant la vie. Et qui est hostile envers les créatures de Dieu ne peut pas non plus être très amical envers Dieu.


