2 avril 2026, 04:08

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Texte d'exemple : Chasse de loisir et criminalité dans le canton

Le nombre élevé de signalements, d'amendes et de tirs illégaux dans le cadre de la chasse récréative démontre qu'il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais bien d'un problème structurel. Les personnes qui portent des armes et chassent pour le compte de l'État doivent être soumises à des contrôles plus stricts que les clubs de chasse ordinaires.

1. Mouvement

Le Conseil de gouvernement est chargé de soumettre au Grand Conseil une proposition de modification de la loi sur la chasse et la protection de la faune sauvage (…), du règlement sur la chasse (…) et, le cas échéant, d’autres textes législatifs pertinents (notamment la loi sur la police et les lois d’application du droit pénal). L’objectif est d’identifier, de rendre transparentes et de sanctionner efficacement les infractions et les violations systématiques de la loi commises dans le cadre de la chasse récréative.

La révision législative vise notamment à garantir que :

  • que le canton tient à jour une statistique centrale, publiée annuellement, sur les poursuites pénales, les amendes administratives et les mesures disciplinaires liées à la chasse. Cette statistique comprend au moins :
    • Nombre et type de procédures et d'amendes
    • Domaines d'infraction (notamment le droit de la chasse, le droit du bien-être animal, le droit des armes, le code de la route, les infractions violentes et les atteintes aux biens)
    • Montant des amendes et pénalités imposées
    • Nombre de permis de chasse et de zones de chasse concernés.
  • Un extrait de casier judiciaire complet et à jour doit être fourni lors de l'obtention et du renouvellement d'un permis de chasse. Cette obligation s'applique aux personnes ayant commis certaines infractions dans les domaines suivants :
    • Violence contre les personnes ou les animaux
    • infractions sexuelles
    • crimes graves contre les biens, crime organisé ou crime aggravé lié à la drogue
    • violations répétées des lois sur le bien-être animal, la chasse ou les armes
      Ils ne recevront pas de permis de chasse ou perdront nécessairement leur permis actuel.
  • Que le bureau de la chasse et les autorités de sécurité compétentes échangent régulièrement et systématiquement des données sur les poursuites pénales en cours ou closes contre les titulaires de permis de chasse dans la zone concernée par les infractions. Dans de tels cas, l'aptitude du titulaire du permis de chasse doit être examinée d'office.
  • que dans le cas de violations répétées ou particulièrement graves commises par des chasseurs individuels, notamment dans le cas de :
    • Tir sur des espèces non ciblées et des espèces protégées
    • ratés d'allumage répétés et tirs illégaux
    • violations graves des obligations de sécurité, des interdictions d'alcool ou des réglementations relatives au bien-être animal
      Une révocation temporaire ou permanente du permis de chasse est envisagée.
  • que les associations de chasse, les clubs de chasse ou les terrains de chasse dans lesquels un nombre supérieur à la moyenne de rapports, d'amendes et d'infractions se produisent pendant de nombreuses années doivent subir des conséquences non seulement individuelles, mais aussi collectives, par exemple :
    • retrait temporaire ou permanent du permis de chasse
    • Exclusion des organismes dotés d'un mandat étatique
    • Retrait des contributions ou des privilèges liés à une position de confiance particulière.
  • que le conseil gouvernemental est tenu de procéder à des examens réguliers et de présenter ses conclusions dans un rapport :
    • si la portée et la nature des infractions enregistrées dans le contexte de la chasse de loisir sont encore compatibles avec l'image d'un club normal ou
    • Il convient de déterminer si les structures présentent, dans certains cas particuliers, des caractéristiques susceptibles de les qualifier d'organisation organisée ou criminelle au regard du droit pénal. Le conseil gouvernemental pourra consulter les autorités compétentes chargées de l'application de la loi à ce sujet.
  • que le public soit informé de manière appropriée des résultats de ces enquêtes, sans divulgation de données personnelles, mais avec une présentation transparente de l'évolution des accusations, des amendes et des sanctions dans le secteur de la chasse.

Le Conseil gouvernemental déclare dans son message :

  • Quelles données sur les frais, les amendes et autres procédures dans le secteur de la chasse sont déjà collectées aujourd'hui et quelles sont les lacunes ?
  • comment les réglementations proposées contribuent spécifiquement à la prévention et à la maîtrise de la criminalité dans le contexte de la chasse récréative
  • Quelles conséquences organisationnelles et financières peut-on prévoir pour le canton, les municipalités et les districts concernés ?

2. Brève explication

Dans le discours public, la chasse récréative est souvent présentée comme une tradition, une coutume ou une utilisation responsable de la faune sauvage. Pourtant, les statistiques disponibles font état, depuis des années, d'un nombre élevé de signalements, d'amendes et de tirs accidentels.

Dans le canton des Grisons, il a été constaté que plus d'un millier de contraventions et d'amendes sont dressées chaque année pendant la seule saison de chasse. Des analyses publiques montrent également que, pendant des années, jusqu'à mille animaux par saison étaient considérés comme abattus par erreur durant la haute saison, et que les chasseurs ont payé des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros en quelques années seulement. Extrapolé à l'ensemble de la Suisse et rapporté au nombre de titulaires de permis de chasse, cela signifie :

  • Il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais plutôt d'un niveau constamment élevé de violations de la loi dans le contexte d'une activité de loisirs bénéficiant d'un privilège d'État.
  • Le champ d'application s'étend des infractions liées à la chasse et au bien-être animal aux violations des règles de sécurité et aux infractions dans lesquelles les armes peuvent jouer un rôle.

Dans d'autres domaines, une telle concentration d'amendes et de poursuites au sein d'un milieu social relativement restreint et très structuré susciterait de vives réactions politiques. Si des centaines, voire des milliers, de poursuites et d'amendes liées aux activités d'un club s'accumulaient année après année dans une association sportive, un club de jeunes ou une organisation religieuse, des soupçons de dysfonctionnements structurels ne tarderaient pas à émerger, au point même de se demander si le seuil de la criminalité organisée n'a pas été franchi.

Lorsque des personnes utilisent des armes à feu en forêt à des fins récréatives, abattent des animaux sauvages et décident de la vie et de la mort de ces animaux au nom de l'État, un tel niveau d'infractions est particulièrement préoccupant. Cela soulève des inquiétudes :

  • Bien-être animal et prévention de la cruauté envers les animaux
  • Sécurité des personnes en quête de loisirs et des résidents
  • la manipulation responsable des armes
  • La confiance du public dans la surveillance de la chasse par l'État et dans le système judiciaire.

Les contrôles actuels concernant l'aptitude et la sécurité des chasseurs de loisir sont insuffisants. Des évaluations médico-psychologiques annuelles, inspirées du système néerlandais, sont nécessaires, ainsi qu'une limite d'âge supérieure clairement définie. La tranche d'âge la plus représentée parmi les chasseurs de loisir est celle des plus de 65 ans, qui présentent des troubles cognitifs, visuels, de concentration et de réflexes liés à l'âge, ainsi que des lacunes en matière de formation et d'éducation. À partir de 45 ans, le nombre d'accidents impliquant des personnes et des animaux augmente considérablement. Les rapports alarmants concernant les accidents de chasse et les crimes mortels impliquant des armes de chasse démontrent qu'il est grand temps d'abolir la chasse de loisir. Les armes à feu, potentiellement mortelles, ne devraient pas être entre les mains des chasseurs de loisir, qui peuvent les utiliser en toute impunité jusqu'à un âge avancé.

D'un point de vue critique, la chasse récréative reflète une vision du monde qui privilégie les intérêts humains aux dépens des besoins fondamentaux de survie des autres animaux. Les chasseurs récréatifs incarnent le spécisme. Le spécisme est comparable au racisme et au sexisme ; il ne s'agit pas d'une culture ou d'une tradition, mais d'une idéologie d'inégalité.

Surtout dans le domaine de la chasse de loisir, il est donc essentiel d'être extrêmement vigilant. Nulle part ailleurs on ne constate une telle manipulation par le biais de mensonges, de banalisations et de fausses informations. Violence et mensonges sont intimement liés. Un lieu qui attire un nombre disproportionné de signalements, d'amendes, de tirs accidentels, de trafic d'armes et de nombreuses autres activités criminelles, tout en se présentant sous un jour favorable, ne peut être considéré comme un simple club de loisirs sans problèmes.

Selon l'auteur de la motion, la pratique actuelle consistant à sanctionner les infractions sans imposer de conséquences structurelles majeures induit un climat d'impunité de fait, voire de banalisation. Le système ne s'autorégule manifestement pas, malgré ses affirmations répétées du contraire.

Dans ce contexte, il est objectivement justifié de traiter la chasse de loisir différemment, devant la loi, d'un club ordinaire :

  • Toute personne demandant ou renouvelant un permis de chasse doit prouver son aptitude personnelle et psychologique, comme c'est déjà le cas dans d'autres secteurs à haut risque tels que la police ou l'armée.
  • Toute personne qui enfreint de manière répétée ou grave les règles relatives au bien-être animal, à la chasse ou à la sécurité ne devrait plus être autorisée à circuler en forêt avec un fusil en tant que personne autorisée par l'État.
  • Lorsqu'un nombre d'infractions supérieur à la moyenne est constaté au sein de groupes de chasse ou dans des zones de chasse spécifiques, des conséquences non seulement individuelles, mais aussi structurelles sont nécessaires.

La proposition de loi ne vise pas à condamner systématiquement tous les chasseurs. Elle a plutôt pour objectif de révéler, pour la première fois, l'ampleur réelle des infractions et des délits commis au sein de la communauté cynégétique, de renforcer significativement les contrôles d'aptitude et de doter les autorités cantonales des moyens nécessaires pour agir efficacement dans les cas problématiques. Ceci permettra de renforcer la sécurité publique, de garantir le respect du bien-être animal et de corriger l'idée largement répandue que la chasse de loisir est une zone de quasi-anarchie.