Le dossier indique clairement que la saison de chasse 2025/2026 n'est pas une exception, mais s'inscrit dans une série d'incidents ininterrompus.
Décès, blessures graves, utilisation abusive d'armes de chasse et actes criminels caractérisent également les statistiques de cette année. La fréquence croissante des incidents impliquant des personnes n'ayant aucun lien avec la chasse . Randonneurs, voisins, membres de la famille ou simples passants deviennent victimes d'une activité récréative armée qui résiste obstinément à l'évolution de la société.
L’AVC définit délibérément le terme « chasseur » au sens large. Il englobe toute personne pratiquant la chasse, qu’elle soit titulaire d’un permis valide ou non, et même si elle agit illégalement. Cette perspective est essentielle car les cas documentés dans le dossier démontrent que les dangers ne se limitent pas aux permis officiels. Les risques découlent de la pratique elle-même, de la présence d’armes dans les espaces civils et d’une culture qui banalise la violence envers les animaux et les humains. Vous trouverez davantage d’informations sur le problème fondamental que représente la chasse en tant que risque sociétal dans la section « Dossier » du groupe d’intérêt Wild beim Wild (Groupe d’intérêt pour la faune sauvage).
Officiellement, selon le ministère italien de l'Intérieur, on compte encore environ 588 000 permis de chasse valides en Italie. Ce nombre est en baisse depuis des années. Dans les années 1980 et 1990, il dépassait 1,5 million. Mais la diminution du nombre de chasseurs n'implique en aucun cas une réduction des dégâts. Au contraire : les données montrent une corrélation inverse. Moins de chasseurs, mais un nombre de victimes toujours élevé, avec dans certains cas un risque accru pour les personnes non impliquées. La chasse illégale et le braconnage demeurent un problème majeur et occulté, faussant encore davantage les statistiques officielles.
Le rapport entre les victimes de la chasse et les victimes non liées à la chasse est particulièrement frappant. Lors de la saison 2025/2026, 33 chasseurs sont décédés des suites de leurs actes. Parallèlement, 13 personnes n'ayant aucun lien avec la chasse ont perdu la vie. Ce chiffre n'est pas un phénomène marginal, mais un signal d'alarme structurel. La Sardaigne, le Piémont et la Toscane affichent les statistiques les plus alarmantes. Dans ces régions, la chasse est profondément ancrée dans la culture locale et, par conséquent, rarement remise en question.
Malgré ces faits, un débat politique de fond fait défaut. Les médias traitent souvent de la chasse de manière épisodique et isolée, sans en exposer le contexte structurel. La chasse continue d'être présentée comme une tradition, un outil nécessaire ou un loisir inoffensif. Chez Wild beim Wild, nous critiquons précisément cette banalisation depuis des années, notamment à travers nos analyses de la psychologie de la chasse et du rôle de la légitimation de la violence en milieu rural.
La situation politique en Italie ne fait qu'aggraver le problème. Sous le gouvernement Meloni, des lois sont adoptées en force, visant à étendre les activités de chasse et à porter atteinte aux droits fondamentaux. Le projet de loi 1552, qui propose de modifier l'article 16 de la loi 157/1992, est particulièrement explosif. Il autorise la chasse sur les terrains privés contre la volonté des propriétaires et au profit d'intérêts économiques. Il s'agit là d'une atteinte non seulement au droit de propriété, mais aussi au sentiment de sécurité des citoyens.
Le dossier de l'AVC est méthodologiquement rigoureux. Il exclut les cas non directement imputables à l'utilisation d'armes de chasse, tels que les chutes ou les crises cardiaques. La criminalité ordinaire sans lien avec la chasse n'est pas non plus prise en compte. Cela rend les chiffres restants d'autant plus significatifs. Ils démontrent que la chasse n'est pas un outil de conservation isolé, mais une pratique dangereuse qui fait de véritables victimes. Les victimes humaines, les animaux domestiques, les animaux synanthropiques et les animaux sauvages sont tous touchés de manière égale. Des informations complémentaires sur la dimension éthique sont disponibles à l'adresse suivante :
Ce dossier exige une décision claire. Soit on continue de tolérer des activités armées, anachroniques et de plus en plus inacceptables socialement, soit on assiste à une évolution vers une éthique de la vie – une éthique qui privilégie la sécurité, le bien-être animal et la paix sociale aux intérêts particuliers. Les chiffres italiens ne constituent pas un cas isolé ; ils représentent un signal d’alarme pour l’Europe.






