8 mai 2026, 12h52

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La RUEK de Lucerne se ridiculise avec ses propres chiffres : pétition pour la protection du renard roux rejetée de manière techniquement insoutenable

La Commission de l'aménagement du territoire, de l'environnement et de l'énergie (RUEK) du Grand Conseil lucernois, présidée par Michael Kurmann, propose au plénum de "prendre acte" de la pétition de Pascal Wolf pour la protection du renard roux, sans examen sérieux. Le rapport du 23 avril 2025 est factuellement insoutenable, sans fondement scientifique et ignore tant les propres données cantonales que la volonté populaire telle qu'exprimée par les citoyens suisses lors de la votation sur la loi sur la chasse du 27 septembre 2020.

98 pour cent des renards lucernois abattus étaient en parfaite santé

Le canton de Lucerne est le seul canton de Suisse à tenir une statistique sur les maladies chez le renard. Durant l'année cynégétique 2018/19, 2’217 renards ont été abattus. Selon le relevé cantonal lui-même, seuls 39 animaux étaient malades, soit 1,76 pour cent. Près de 98 pour cent des renards tués par les chasseurs de loisir lucernois étaient en bonne santé et ont été éliminés aux frais des contribuables.

Lorsque la RUEK écrit que la chasse de loisir au renard sert à "endiguer les maladies et parasites dangereux pour l'homme et les animaux domestiques", elle contredit sa propre statistique cantonale. L'IG Wild beim Wild exige une explication : la RUEK ignorait-elle ce chiffre ou l'a-t-elle sciemment passé sous silence ?

Même des chasseurs de loisir qualifient la chasse au renard d'absurde

La critique de la chasse au renard ne vient depuis longtemps plus seulement des organisations de protection des animaux. Elle émane de la biologie de la faune sauvage et même des rangs des chasseurs de loisir eux-mêmes.

En novembre 2025, le Tagesanzeiger a évoqué le cas de Franz Balmer, chasseur de loisir dans le canton de Zurich depuis 13 ans. Lorsque sa propre fédération de chasse a défendu la chasse au renard, Balmer a adressé une lettre indignée à la rédaction de la fédération, dont la phrase centrale était : "Nous nuisons ainsi davantage à l'image de la chasse que nous ne la servons." Dans le même article, la biologiste de la faune sauvage Sandra Gloor s'exprime : abattre un seul renard au sein d'un groupe familial ne produit "absolument aucun effet". La formation suisse à la chasse ne transmettrait le plus souvent que des règles formelles, au lieu des connaissances actuelles sur la biologie du renard.

Robert Brunold, président des chasseurs de loisir des Grisons, a lui aussi reconnu publiquement : « La petite chasse n'est pas nécessaire. » Il compare lui-même le fait de tuer des animaux sauvages en bonne santé à la cueillette des champignons. Lorsqu'un président d'association de chasse, un chasseur de loisir de longue date et une biologiste spécialiste de la faune sauvage déclarent ensemble que la chasse au renard est dénuée de sens, la CCERS ne peut pas affirmer le contraire sans se ridiculiser.

Luxembourg, Genève, Tessin : la CCERS ignore des réalités entières

Le rapport prétend qu'à l'exception du canton-ville de Genève, le renard est « chassé dans toute la Suisse ». Cette présentation tronquée occulte des cas de comparaison essentiels :

  • Le Luxembourg a totalement interdit la chasse de loisir au renard en 2015. Depuis, le taux d'infestation par le ténia du renard est passé d'environ 40 % à moins de 10 %. La population de renards est restée stable.
  • Dans le canton de Genève, la chasse de loisir n'est plus pratiquée depuis 1974. Trois postes à plein temps de gardes-faune suffisent pour l'ensemble de la gestion de la faune sauvage, les coûts annuels s'élèvent à environ un million de francs, soit l'équivalent d'une tasse de café par habitant.
  • Dans le canton du Tessin, la chasse de loisir au renard ne joue qu'un rôle marginal.
  • Au Royaume-Uni, la chasse à courre classique au renard est interdite depuis 2005.

Les prétendus « surcoûts considérables » d'une mise sous protection ne se sont matérialisés dans aucun de ces cas de comparaison.

La CCERS ignore la volonté populaire

Le 27 septembre 2020, le corps électoral suisse a rejeté la révision de la loi sur la chasse par 51,9 %. Le résultat était un signal clair : la population veut davantage de protection pour les animaux sauvages tels que le loup, le castor et le bouquetin, et non moins. Elle veut plus de rigueur scientifique dans la politique de la faune sauvage, et non moins. Elle veut moins de marge de manœuvre pour la chasse de loisir, et non davantage.

La CCERS ignore cette volonté populaire et perpétue le réflexe du lobby de la chasse de loisir. Une pétition qui demande un examen scientifique est rejetée par des affirmations non scientifiques. Le pétitionnaire n'est même pas auditionné. Le seul service consulté est le BUWD, c'est-à-dire précisément l'administration qui s'accroche depuis des décennies au statu quo de la chasse au renard.

La loi sur la protection des animaux est ignorée

La loi suisse sur la protection des animaux exige un « motif raisonnable » pour toute mise à mort d'un animal. Avec un taux de maladie de 1,76 pour cent selon les propres statistiques lucernoises, ce motif raisonnable fait défaut. La chasse de loisir au renard à Lucerne n'est pas une lutte contre les maladies, mais l'abattage systématique d'animaux sauvages en bonne santé à des fins récréatives. La Société allemande des juristes pour le droit de la protection animale a affirmé, dans une prise de position détaillée, que la chasse au renard, dans les conditions actuelles, manque régulièrement de motif raisonnable.

Revendications de la CI Wild beim Wild

  1. Le Grand Conseil lucernois rejette le rapport de la CAERU et exige un examen sérieux et ouvert de la pétition, avec audition du pétitionnaire.
  2. La commission consulte des spécialistes indépendants en biologie de la faune sauvage, comme Sandra Gloor, et non uniquement le BUWD.
  3. Les statistiques lucernoises sur les maladies sont évaluées et publiées de manière transparente.
  4. Les coûts administratifs de la chasse de loisir à Lucerne sont entièrement présentés, y compris la gestion des baux, la surveillance de la chasse et le traitement des conflits.
  5. Le canton de Lucerne examine l'introduction d'une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle genevois.

À propos de la CI Wild beim Wild

La CI Wild beim Wild est une organisation à but non lucratif de défense des droits des animaux. Elle se consacre à la protection des animaux sauvages contre la chasse de loisir et s'engage pour une conception éthique de la faune sauvage et de la chasse, sur le modèle du canton de Genève.

Contact : info@wildbeimwild.com

Articles de fond sur le sujet : https://wildbeimwild.com/luzern-und-der-rotfuchs-wenn-politik-fakten-ignoriert/

Sources :